Kisangani, mardi 1er septembre 2026 — Le président ad intérim de l’Assemblée provinciale de la Tshopo, l’honorable Emmanuel Makoka Molokabonge Abongato, a présidé ce mardi une séance de travail consacrée aux enjeux liés à l’exploitation minière, à la protection de l’environnement et au respect des droits des communautés locales.
Organisée par l’ONG Actions pour la Promotion et la Protection des Peuples et Espèces Menacés (APEM) dans la salle des plénières de l’Assemblée provinciale, cette rencontre a notamment permis aux acteurs de la société civile de présenter aux élus provinciaux les résultats de plusieurs années de travail de terrain.
Au cœur des échanges : le projet « Mines, Environnement et Droits humains », mis en œuvre depuis 2022 dans deux territoires de la province, Banalia et Bafwasende. Selon le chef d’antenne de l’APEM dans la Tshopo, Maître Didier Omeonga, les activités menées auprès des communautés ont permis de recueillir des informations sur les difficultés auxquelles celles-ci sont confrontées dans les zones d’exploitation minière.
« Nous sommes là pour présenter l’organisation APEM ainsi que le travail qu’elle fait dans la province de la Tshopo », a expliqué Maître Didier Omeonga devant la presse.
Les résultats de ce travail communautaire ont notamment été consignés dans un briefing ainsi que dans une note de plaidoyer élaborée avec les communautés concernées. L’APEM a également soumis aux députés provinciaux le draft d’une avant-proposition d’édit provincial destiné à apporter des réponses aux problèmes identifiés sur le terrain.
Le CLIP au centre des préoccupations
Parmi les principales dispositions envisagées figure le respect du Consentement libre, informé et préalable (CLIP) des communautés avant la réalisation de certaines activités susceptibles d’affecter leurs terres, leurs ressources et leur environnement.
Pour l’APEM, le respect de ce principe demeure un défi dans plusieurs zones minières de la Tshopo. L’organisation entend ainsi faire de l’édit provincial un instrument permettant de renforcer la prise en compte des droits des communautés dans les processus liés à l’exploitation des ressources naturelles.
L’organisation pointe également les difficultés liées à l’exécution des cahiers des charges conclus entre certaines entreprises minières et les communautés locales.
« Nous avons des sociétés qui ont signé des cahiers des charges avec les communautés, mais qui, jusqu’à ce jour, posent problème pour leur exécution », a déploré le responsable de l’APEM, évoquant également des cas rapportés de dégradation des forêts et de destruction de champs communautaires.
Un intérêt manifesté par les députés provinciaux
La présentation du draft de l’avant-proposition d’édit a, selon l’APEM, suscité un intérêt particulier parmi les députés provinciaux présents à la séance de travail.
Maître Didier Omeonga s’est notamment réjoui de voir un élu provincial, l’honorable Mabikiambeyi Saidi, manifester sa volonté de porter cette proposition d’édit au sein de l’Assemblée provinciale.
Pour l’APEM, cette démarche constitue un signal encourageant, dans la mesure où elle pourrait permettre de transformer les préoccupations exprimées par les communautés en un cadre juridique provincial susceptible de mieux encadrer l’exploitation minière et de renforcer la protection des droits des populations concernées.
L’organisation appelle toutefois à ne pas s’arrêter à l’expression de bonnes intentions. Elle souhaite que la proposition poursuive son cheminement conformément aux procédures internes de l’Assemblée provinciale, jusqu’à son éventuelle adoption et sa promulgation.
De la société civile aux institutions
Au-delà de la séance de travail, cette rencontre traduit une volonté affichée de rapprocher les préoccupations des communautés rurales des institutions provinciales.
Pour l’APEM, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les réalités documentées depuis plusieurs années à Banalia et Bafwasende puissent nourrir le processus législatif provincial.
L’organisation estime qu’un tel édit, s’il est adopté après examen par les instances compétentes, pourrait contribuer à répondre à plusieurs difficultés liées à l’exploitation minière artisanale et semi-industrielle dans la Tshopo, tout en renforçant la prise en compte des droits des communautés, de la protection des forêts et de la gestion responsable des ressources naturelles.
La balle est désormais dans le camp des élus provinciaux, appelés à examiner cette matière et, le cas échéant, à la faire progresser dans le respect de la procédure législative provinciale.
FROK
