Kisangani — Une nouvelle page vient de s’écrire dans l’histoire des sciences infirmières en République démocratique du Congo. Le Chef des travaux Willy Kitoto Eleki est désormais Docteur à thèse, après avoir brillamment soutenu sa thèse doctorale à l’École doctorale de l’Institut supérieur des techniques médicales de Kinshasa (ISTM-Kinshasa), le vendredi 14 août 2026.
Intitulée « Socle rationnel de la non-utilisation des méthodes contraceptives modernes : évidences auprès des femmes multipares en âge de procréer et adolescentes à Kisangani en République démocratique du Congo », cette recherche s’inscrit dans la spécialité Santé de l’enfant et de l’adolescent. Au terme de la soutenance publique, le jury lui a décerné la mention Grande Distinction.
Cette performance scientifique est présentée comme une première pour l’ISTM-Kinshasa, l’ISTM-Kisangani et, plus largement, dans le paysage des établissements d’enseignement supérieur médical du pays, faisant de Willy Kitoto Eleki une figure désormais marquante de la recherche en sciences infirmières en RDC.
Comprendre les raisons du refus des méthodes contraceptives
Le choix de ce sujet n’est pas fortuit. Il découle, selon le nouveau docteur, d’observations et de constats réalisés sur le terrain concernant la faible utilisation des méthodes contraceptives modernes par certaines femmes multipares en âge de procréer et les adolescentes.
Alors que plusieurs méthodes contraceptives modernes sont disponibles, une partie des femmes continue de ne pas y recourir. Pour Willy Kitoto Eleki, il était donc nécessaire d’aller au-delà du simple constat afin de comprendre les raisons profondes de cette non-utilisation, d’en rechercher les déterminants et d’en dégager des pistes de réponse adaptées au contexte de Kisangani.
Son étude ambitionne ainsi d’apporter des évidences scientifiques susceptibles d’éclairer les professionnels de santé, les décideurs et les acteurs communautaires sur les facteurs qui influencent le recours ou non aux méthodes contraceptives modernes.
Combattre les mythes et les fausses informations
Pour le chercheur, l’un des défis majeurs demeure la persistance des informations erronées, des mythes et des rumeurs autour de la contraception moderne.
Ces croyances peuvent influencer négativement les décisions des femmes et des adolescentes. D’où l’importance, insiste-t-il, d’un accompagnement de proximité assuré par les professionnels de santé, capables de fournir une information correcte, accessible et fondée sur les données scientifiques.
La vulgarisation des résultats de cette recherche apparaît ainsi comme une étape essentielle. L’objectif est de contribuer à une meilleure compréhension des méthodes contraceptives modernes et de permettre aux femmes de prendre des décisions éclairées concernant leur santé reproductive.
Un enjeu sanitaire, mais aussi économique
Au-delà de la prévention des grossesses non désirées et de l’espacement des naissances, le recours approprié aux méthodes contraceptives peut, selon l’approche défendue par le chercheur, contribuer à réduire certaines complications liées aux grossesses rapprochées et à améliorer le bien-être des familles.
Willy Kitoto Eleki met également en avant la dimension économique de la planification familiale. Pour lui, les charges liées à l’entretien, à l’éducation et aux soins des enfants peuvent considérablement varier selon la taille du ménage.
« Un couple qui a deux ou trois enfants est différent d’un couple qui a huit ou dix enfants sur le plan économique », souligne le nouveau Docteur à thèse en sciences infirmières.

Une soirée d’action de grâce à Kisangani
Après cette consécration académique, famille, collègues et proches ont tenu à célébrer l’événement. Une soirée d’action de grâce a été organisée le samedi 28 août 2026 dans la grande salle du Collège Maele, à Kisangani.
Son épouse, ses enfants, ses pères et aînés scientifiques, ainsi que ses frères, amis et connaissances ont répondu présents pour accompagner le nouveau docteur dans cette réjouissance.
Au-delà du caractère festif, cette cérémonie a été l’occasion de saluer un parcours scientifique et une contribution à la recherche dans le domaine des sciences infirmières.
Avec cette distinction, Willy Kitoto Eleki entend désormais poursuivre le travail de recherche et surtout contribuer à la vulgarisation des résultats de son étude, afin que les connaissances produites dans le cadre académique puissent trouver une traduction concrète dans les communautés.
Son message reste ainsi centré sur un impératif : mieux informer les femmes, combattre les fausses croyances et favoriser un recours éclairé aux méthodes contraceptives modernes, dans une perspective d’amélioration de la santé de la mère, de l’enfant et de l’adolescent.
VTL
