Kisangani — C’est un travail d’une précision chirurgicale qui vient de secouer le milieu médical boyomais. Ce mercredi 19 août 2026, à la Faculté de santé publique de l’Université de Kisangani (UNIKIS), le Chef des travaux, le Docteur Guy Schilton Baendo Tofuli Molanga, a soutenu avec brio son mémoire pour obtenir le Diplôme d’Études Approfondies (DEA). À l’issue d’une soutenance maîtrisée et d’un huis clos rigoureux, le jury, présidé par le Professeur Ordinaire Etobo, lui a décerné la mention Grande Distinction.
Sous le titre « L’évaluation de l’accès à l’eau potable, hygiène et assainissement dans les établissements des soins de santé de Kisangani », cette étude soulève un paradoxe frappant : comment une ville bordée par le majestueux fleuve Congo, dotée d’un fort potentiel hydrologique et d’une régie de distribution (REGIDESO), peut-elle laisser ses structures de soins dans une telle précarité sanitaire ?
Le constat dressé par le chercheur est alarmant. Sur le terrain, une majorité d’établissements de santé recourt encore à des puits non aménagés ou à des eaux de source impropres à la consommation. Un péril direct pour la prise en charge des patients, alors que le lavage des mains à l’eau propre et au savon reste le premier rempart contre les infections associées aux soins.
L’investigation du Dr Baendo met également à nu les failles de l’hygiène hospitalière et de l’assainissement :
- Protection du personnel : Manque criant d’Équipements de Protection Individuelle (EPI), les rares matériels disponibles datant encore de la riposte contre la COVID-19.
- Infrastructures sanitaires : Latrines insalubres, inadaptées aux personnes à mobilité réduite et sans dispositifs pour la gestion de l’hygiène menstruelle des femmes.
- Risque nosocomial : Une situation résumée par une formule choc de l’auteur : « On peut entrer à l’hôpital avec une maladie et en ressortir avec une autre. »
Pour enrayer cette spirale, le nouveau diplômé ne se contente pas d’un diagnostic ; il formule des recommandations concrètes :
- Aux formations médicales : Instaurer d’urgence des comités d’hygiène internes et former en continu le personnel affecté aux services WASH (Eau, Hygiène et Assainissement).
- Aux autorités politico-administratives : Équiper les structures en matériel adéquat de stérilisation.
- À la régie de distribution d’eau : Appliquer une tarification modérée et préférentielle pour les établissements de santé afin d’y faciliter l’accès permanent à l’eau potable.
Un travail scientifique salué par ses pairs, qui pose les jalons d’une réforme indispensable du système de santé local.
VTL
