KISANGANI — Huit mois après son départ du gouvernement provincial de Lendongolia, le député provincial élu du territoire d’Ubundu, Ghislain Mogenya Baraka, a officiellement retrouvé son siège à l’Assemblée provinciale de la Tshopo.
Son retour à l’hémicycle est intervenu ce lundi 5 octobre 2026, au cours d’une plénière dirigée par le président de l’organe délibérant, Dr Mateus Kanga Londimo. Élu titulaire dans la circonscription d’Ubundu, Ghislain Mogenya Baraka avait précédemment cédé son siège à son suppléant durant son passage au sein de l’Exécutif provincial. La liste publiée par la CENI pour les élections provinciales de 2023 identifie Ghislain Mogenya Baraka comme titulaire à Ubundu, avec Cédric Mafi Bombala comme premier suppléant.
Un retour placé sous le signe de la continuité
S’exprimant devant la presse après la plénière, le député provincial a tenu à préciser que son retour au Parlement provincial ne constitue nullement une remise en cause du travail accompli par son suppléant.
« Cela n’explique pas que je remets en cause la prestation de mon suppléant », a-t-il expliqué, avant de réaffirmer son attachement à une collaboration politique appelée, selon lui, à se poursuivre dans le temps.
Ghislain Mogenya Baraka affirme ainsi que Cédric restera son suppléant, aussi longtemps que le système électoral congolais ne connaîtra pas de modification sur ce point.
Pour l’élu d’Ubundu, cette séquence marque également une nouvelle étape de son parcours politique.
« Je suis en train d’innover dans le parcours politique de ma personne », a-t-il déclaré, tout en remerciant la jeunesse de la Tshopo et particulièrement la population d’Ubundu pour la confiance renouvelée.
La route d’Ubundu, dossier prioritaire
Au-delà de son retour institutionnel, le parlementaire annonce déjà les dossiers qu’il entend porter au sein de l’hémicycle.
Parmi ceux-ci, l’état de la route d’Ubundu apparaît comme sa principale préoccupation.
L’élu estime que cette infrastructure constitue aujourd’hui une question majeure pour la population de son territoire. Il annonce une descente à la base afin d’échanger directement avec les habitants et d’évaluer les difficultés auxquelles ils sont confrontés.
Cette priorité rejoint les préoccupations déjà exprimées au sein de l’Assemblée provinciale. À l’ouverture de la session ordinaire de septembre, le président Mateus Kanga Londimo avait annoncé que les axes routiers d’Opala et d’Ubundu feraient l’objet d’un suivi parlementaire, notamment à travers une commission chargée d’examiner l’état des travaux et les moyens annoncés.
Ghislain Mogenya Baraka entend, pour sa part, aller sur le terrain avant même une éventuelle descente du président de l’Assemblée.
« Moi-même, avant que le Président puisse se rendre sur cet axe, moi-même je vais me rendre », a-t-il annoncé.
Exiger des travaux conformes aux engagements
L’ancien ministre provincial des Transports dit vouloir également examiner les conditions dans lesquelles les travaux routiers sont exécutés.
Il prévient que si l’entreprise chargée du chantier ne respecte pas les engagements liés aux travaux, il pourrait demander que des mesures soient prises, allant jusqu’à réclamer son remplacement.
« Si cette entreprise qui exécute les travaux ne fait pas bien son travail, je demanderai même à la population de dire à cette entreprise de retourner là où elle avait signé ce contrat pour que nous puissions chercher une autre entreprise qui pourra venir exécuter à bonne et due forme ces travaux », a-t-il déclaré.
Cette position s’inscrit dans une préoccupation déjà ancienne de l’élu d’Ubundu. En août 2024, l’ACP rapportait qu’il avait appelé l’entreprise Safricas à relancer les travaux du PDL 145-T restés inachevés dans son territoire, notamment certains ouvrages administratifs.
La SNCC également dans le viseur du contrôle parlementaire
Le retour de Ghislain Mogenya Baraka à l’Assemblée provinciale ne devrait toutefois pas se limiter au dossier routier.
Le député annonce également son intention de questionner la situation de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), particulièrement sur l’état du chemin de fer desservant son territoire.
« Je suis encore en train de me demander pourquoi la SNCC ne fonctionne plus ? », s’est-il interrogé.
L’élu affirme que, durant son passage au ministère provincial des Transports, un projet de réhabilitation du chemin de fer avait été envisagé. Il souhaite désormais comprendre pourquoi ce processus n’aurait pas abouti et à quel niveau se situerait le blocage.
« Faire recouvrer à Ubundu sa place au niveau de la Province »
À travers ces différentes questions — route, chemin de fer et transports — Ghislain Mogenya Baraka entend renouer avec le travail parlementaire en mettant l’accent sur les préoccupations exprimées dans sa circonscription.
Son retour intervient dans un contexte où l’Assemblée provinciale de la Tshopo a placé le contrôle de l’action publique et le suivi des infrastructures parmi les dossiers importants de sa session de septembre 2026. Le président de l’organe délibérant a notamment annoncé un suivi des axes routiers d’Ubundu et d’Opala.
Pour le député provincial d’Ubundu, l’objectif affiché est désormais de porter ces préoccupations au niveau institutionnel afin que son territoire retrouve, selon ses propres termes, « sa place au niveau de la Province ».
Après huit mois passés loin de l’hémicycle, Ghislain Mogenya Baraka retrouve donc son mandat avec une feuille de route centrée sur le terrain : écouter la base, contrôler l’exécution des travaux, questionner la situation du transport ferroviaire et faire des infrastructures d’Ubundu un dossier parlementaire à part entière.
