Parti politique CFC : Coup de tonnerre à Kisangani, Me Gabriel ISAULA claque la porte

Redaction
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KISANGANI – La Convention Fédérale du Congo vient de perdre l’un de ses piliers les plus visibles. Son président interfédéral de la Tshopo, Me Gabriel Isaula Ngubu, a annoncé sa démission fracassante dans une déclaration politique au cours d’un point de presse animé samedi 3 octobre 2026.

Une démission qui n’a rien d’une simple convenance personnelle. C’est un réquisitoire. Sévère, documenté et directement dirigé contre la direction nationale du parti.

« Je ne démissionne pas par convenance personnelle. Je démissionne parce que je refuse de devenir complice d’un système que ma conscience politique ne peut plus accepter », assène l’avocat dès les premières lignes.

« Je mets quiconque au défi de présenter le bilan de Musongela »

La cible principale est clairement identifiée : Gilbert Musongela, président national de la CFC.

Après cinq années à la tête du parti, Me Isaula dresse un bilan au vitriol : absence de structures solides, pas de statut fonctionnel, pas de réunions statutaires, pas de stratégie d’implantation nationale.

Sur les 26 provinces du pays, le parti serait incapable de prouver une implantation viable dans cinq provinces. Pire, selon le démissionnaire, même au Maniema, fief du président national, la CFC serait « pratiquement absente », alors que des formations beaucoup plus jeunes comme l’ACEDE y seraient devenues visibles.

La Tshopo, un travail personnel « récupéré »

L’argument le plus percutant de la déclaration concerne la Tshopo. Si la CFC y est visible, c’est, selon Me Isaula, uniquement grâce à lui.

« Cette implantation, je l’ai réalisée avec mes propres moyens. Je n’ai jamais reçu un seul franc« , affirme-t-il. Il revendique l’implantation dans 5 territoires sur 7 de la Tshopo, les 6 communes de Kisangani et Lubuya-Bera, l’organisation d’activités hebdomadaires, la prise en charge des fédéraux et l’achat des cartes de membres sur fonds propres.

Un travail qui aurait ensuite été « récupéré » et présenté à l’autorité morale comme l’œuvre de la direction nationale. L’interfédéral dit même détenir « des éléments sonores » où on « reconnaît certains faits et demande publiquement pardon dans le groupe de la CFC ».

L’accusation qui fâche : le tribalisme

Au-delà de la gestion, Me Isaula porte une accusation politique majeure : le tribalisme et l’ingratitude.

Il rappelle avoir pris « des risques considérables » lors de l’arrestation et de l’incarcération de l’autorité morale du parti, James Kenda Odu, à un moment où « même certains de ses propres frères de tribu l’avaient abandonné ».

« Et aujourd’hui, lorsque les opportunités arrivent, ce sont précisément ceux qui n’étaient pas là dans les moments difficiles, et particulièrement certains proches et frères de l’autorité morale, qui sont récompensés. Quelle ingratitude ! », s’indigne-t-il.

Son crédo : « Je refuse que le mérite ait une tribu ».

Une adresse directe à James Kenda Odu

La déclaration se termine par une interpellation directe et respectueuse mais ferme à l’autorité morale, James Kenda Odu.

« Malgré les multiples plaintes venues du directoire et des interfédérations, vous avez choisi de maintenir votre confiance au président national. Je la laisse à sa conscience. MAIS LE PARTI SE MEURT. La CFC n’est plus qu’une coquille vide pendant que son initiateur reste inerte. »

Pour Me Isaula, les interfédérations dynamiques du Bas-Uélé, Haut-Uélé et Tshopo auraient été déstabilisées au lieu d’être accompagnées.

« Je préfère partir debout »

En conclusion, le désormais ex-président interfédéral martèle qu’il ne quitte ni la politique, ni la Tshopo, ni la Grande Orientale.

« Je quitte la CFC parce que je refuse que le tribalisme remplace le mérite. Que l’argent remplace la vision. Que l’opportunisme remplace la loyauté. »

Et de conclure avec une formule qui fera date :

« Je préfère partir debout plutôt que rester assis dans le silence. Devant la Nation et devant l’Histoire, je démissionne de la Convention Fédérale du Congo. »

Cette démission ouvre une crise profonde au sein de la CFC, parti qui se voulait le porte-étendard de la Grande Orientale. La balle est désormais dans le camp de la direction nationale et de l’autorité morale. Vont-ils répondre ?

La rédaction de dépêches de la Tshopo a tenté de joindre la présidence nationale de la CFC. En attente de leur réaction.