Bas-Uélé : cinq exigences de l’Assemblée provinciale pour le budget 2027

Redaction
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L’Assemblée provinciale du Bas-Uélé a ouvert, mercredi 30 septembre 2026, les travaux de sa session ordinaire de septembre dans la salle des séances plénières à Buta. Une session à dominante budgétaire, mais dont les premières orientations laissent entrevoir un renforcement du contrôle parlementaire sur l’action du Gouvernement provincial.

La cérémonie inaugurale s’est déroulée en présence du gouverneur de province, Mike Mokeni, accompagné des membres du comité provincial de sécurité et du Gouvernement provincial, ainsi que de plusieurs responsables de l’administration publique provinciale.

En mission, le président de l’Assemblée provinciale, Antoine Gambolipayi, a été représenté par le vice-président, Mingani Zolani Maurice, qui a présidé la séance.

Dans son discours d’ouverture, le vice-président a donné le ton d’une session placée sous le triptyque de la « vérité, du contrôle et de la solidarité nationale ». Il a notamment rendu hommage au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour ce qu’il a présenté comme sa contribution à la consolidation de la démocratie, tout en saluant l’attachement du gouverneur Mike Mokeni aux valeurs républicaines.

Des remerciements ont également été adressés à la sénatrice Carole Agito Amela pour son appui en faveur des enfants du Bas-Uélé.

Le budget 2027 au cœur de la session

Conformément aux dispositions légales et réglementaires applicables aux assemblées provinciales, la session de septembre est essentiellement consacrée aux matières budgétaires. Son principal enjeu sera l’examen, l’amendement et l’adoption de l’édit portant budget de la province pour l’exercice 2027.

Pour le bureau de l’Assemblée provinciale, cependant, le budget ne saurait se limiter à un exercice comptable. Il doit traduire les priorités de développement de la province et constituer, selon les termes du discours, « l’expression chiffrée de notre vision politique » et « le contrat social ».

Cinq orientations majeures ont ainsi été dégagées.

La première concerne la sincérité budgétaire, avec l’exigence de prévisions de recettes fondées sur les capacités réelles de mobilisation de la province.

La deuxième porte sur la priorité sociale. Le bureau souhaite qu’au moins 40 % des ressources soient consacrées aux secteurs jugés vitaux, notamment la santé, l’éducation, l’eau potable et l’agriculture.

Troisième exigence : renforcer l’investissement. Le bureau déplore la place importante occupée par les dépenses de fonctionnement et appelle à davantage de ressources pour les infrastructures, les écoles, les centres de santé et les activités susceptibles d’accroître les recettes propres de la province.

Dans cette perspective, le discours a cité la création de sociétés de portefeuille, à l’instar de la SOMIBU, et demandé que la part revenant à la province soit clairement identifiée dans les documents budgétaires.

La transparence constitue la quatrième exigence. Les élus souhaitent notamment que les annexes budgétaires permettent d’identifier clairement les crédits destinés aux différents territoires du Bas-Uélé : Buta, Bambesa, Poko, Bondo, Ango et Aketi.

Enfin, le bureau dirigé par l’honorable Antoine GAMBOLIPAYI met l’accent sur la redevabilité. Le vice-président a annoncé l’examen de la reddition des comptes de l’exercice 2025 ainsi que de l’exécution budgétaire à mi-parcours pour 2026. La Commission économique et financière est appelée à entamer rapidement ce travail.

Des mécanismes de contrôle parlementaire, notamment des questions orales avec débat, des interpellations et, le cas échéant, des commissions d’enquête, ont également été évoqués, avec une attention particulière annoncée sur la gestion des fonds consacrés à la riposte contre Ebola.

Ebola, autre priorité du débat parlementaire

La question sanitaire a occupé une place importante dans le discours inaugural.

L’adjoint à l’honorable Antoine GAMBOLIPAYI a rappelé l’ampleur de la dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola en RDC. Au 18 septembre 2026, le bilan officiel faisait état de 7 614 cas confirmés et 3 676 décès dans 63 zones de santé réparties dans sept provinces, dont le Bas-Uélé.

Les données disponibles quelques jours plus tard montrent que l’épidémie continuait de progresser : au 29 septembre, l’ACP rapportait 8 116 cas confirmés et 3 924 décès dans les sept provinces touchées.

Dans ce contexte, l’Assemblée provinciale appelle à une vigilance accrue dans une province frontalière de la République centrafricaine et proche du Soudan du Sud. La vaccination des agents de première ligne a été saluée, tandis que la surveillance épidémiologique et la prévention demeurent présentées comme des priorités.

Solidarité avec les populations de l’Est

Le discours d’ouverture a également dépassé le cadre strictement provincial pour aborder la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Au nom du peuple du Bas-Uélé, le vice-président a exprimé sa solidarité avec les populations affectées par les violences et son soutien aux FARDC et aux Wazalendo. Il a également appelé la communauté internationale à renforcer les mesures contre les groupes armés et leurs soutiens présumés, citant notamment l’AFC/M23 et le Rwanda.

Sur le plan interne, l’attention a été particulièrement attirée sur le territoire d’Ango, frontalier de la République centrafricaine. Le vice-président a fait état d’une situation sécuritaire préoccupante, évoquant notamment des incursions attribuées à la LRA dans certaines chefferies, des pillages, des déplacements de populations et des enlèvements.

Il a par ailleurs dénoncé le cas rapporté d’un enseignant qui aurait été violemment agressé par un responsable de la police à Ango, au point, selon son intervention, de subir une fracture du bassin. Il a demandé aux autorités provinciales et nationales de se pencher sur cette situation.

Les barrières illégales dans le viseur

Autre sujet soulevé : la multiplication alléguée des barrières illégales sur plusieurs axes routiers, notamment Buta-Bambesa-Poko-Bondo.

Pour les élus provinciaux, cette situation constitue un obstacle à la circulation des personnes et des marchandises et pèse sur l’activité économique de la province. La question devrait donc s’inscrire parmi les dossiers susceptibles d’alimenter le contrôle parlementaire au cours de cette session.

Avec le budget 2027, la reddition des comptes, la riposte contre Ebola et les questions sécuritaires désormais inscrits au cœur des préoccupations, la session ordinaire de septembre s’annonce ainsi comme un moment important pour l’Assemblée provinciale du Bas-Uélé.

Au-delà de l’adoption du prochain budget, le bureau entend faire du contrôle de l’action gouvernementale l’un des principaux marqueurs de ces travaux parlementaires.