Le calvaire des bourbiers sur l’axe Kisangani – Banalia – Tele ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir. En lançant officiellement les travaux de réhabilitation de ce tronçon stratégique de la Route Nationale 4 (RN4), le Gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga pose un acte fondateur. Loin des interventions cosmétiques du passé, la Tshopo engage une véritable bataille d’ingénierie routière. Reportage au cœur d’un chantier à haute tension technique et politique.

L’offensive « TSHOPO MOSALA » : De la diplomatie au bitume
Pour les habitués de la RN4, le constat était devenu insoutenable. Des mamans commerçantes voyant leurs marchandises pourrir sur pied, des transporteurs embourbés des nuits entières, une économie locale asphyxiée par l’isolement de Tele et de Banalia. « Cet isolement n’est pas une fatalité », a martelé le chef de l’exécutif provincial lors d’un discours aux accents de manifeste économique.
Mais pour passer de la parole aux actes sur ce corridor hautement complexe, il fallait une méthode. Le Gouverneur Lendongolia a d’abord dû mener une offensive diplomatique et technique à Kinshasa. En présentant un dossier rigoureusement ficelé au Gouvernement Central — sous l’impulsion managériale du Président Félix-Antoine Tshisekedi — la Tshopo a obtenu le nerf de la guerre : le déblocage des financements nécessaires. Une victoire de la gouvernance locale qui permet aujourd’hui de déployer les grands moyens.
192 kilomètres sous le sceau des « règles de l’art »
Sur le plan purement technique, l’époque des solutions provisoires semble bel et bien révolue. Le chantier, confié à l’entreprise Oriental Roads and Constructions (ORC) SARL, s’attaque aux racines du mal sur un linéaire de 192 kilomètres.
Les ingénieurs et techniciens de l’ORC, sous l’œil vigilant de l’Office des Routes, vont devoir opérer une restructuration lourde de la chaussée :
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- Réouverture complète de la voie et reprofilage des zones critiques.
- Éradication définitive des grands bourbiers par substitution de purge.
- Stabilisation mécanique du sol et rechargement qualitatif pour une meilleure portance.
- Hydraulique routière renforcée : Construction de ponts et de systèmes de canalisation en matériaux durables pour canaliser les eaux de pluie, ennemi numéro un des routes en terre d’Afrique Centrale.
« Ce que nous déployons sur cet axe stratégique, ce sont des travaux d’envergure exécutés selon les règles de l’art les plus strictes. Nous imposons des normes techniques modernes pour que cette route résiste au temps », a prévenu Paulin Lendongolia Lebabonga.
Tolérance zéro dans les bases-vie
Un grand chantier routier est aussi un défi de gouvernance sécuritaire. Le Gouverneur a profité de cette tribune pour envoyer un message clair aux forces de l’ordre, aux administrateurs de territoire et aux autorités judiciaires : le mot d’ordre est la tolérance zéro.
Vol de carburant, détournement de matériaux de construction, corruption ou sabotage des engins de chantier seront traités avec la plus grande sévérité judiciaire. L’exécutif provincial veut sanctuariser les investissements de l’État et appelle la population locale à se muer en « brigade de surveillance » pour protéger ce patrimoine commun.
Ce que cela va changer
À terme, la réhabilitation de l’axe Kisangani-Tele va redessiner la carte économique de la province. En rétablissant la fluidité commerciale, le projet vise une baisse directe du prix des denrées de première nécessité sur les marchés de Kisangani et une bouffée d’oxygène pour les transporteurs routiers.
Les engins sont désormais positionnés, les équipes techniques sont à pied d’œuvre. Le temps des discours a laissé place au fracas des bulldozers. Pour la Tshopo, la route du développement vient de s’ouvrir.
Frok
