Kisangani : le verdict dans l’affaire magistrat Ikobia provoque la réaction du professeur Alphonse Maindo

Redaction
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La Cour militaire de la Tshopo et des Uele a rendu, tard dans la nuit du vendredi 18 septembre 2026, son verdict dans l’affaire impliquant le magistrat Ikobia, son épouse et des policiers. Deux policiers ont été acquittés, tandis que trois officiers, dont le commandant ville de la PNC à Kisangani, ont été condamnés à six mois de servitude pénale pour non-assistance à personne en danger, ainsi qu’à trois mois pour outrage à magistrat. Trois autres policiers ont écopé chacun de trois mois pour outrage à magistrat. La Cour a ordonné l’arrestation immédiate des trois officiers.

Alphonse Maindo : « une condamnation hallucinante et ubuesque »

Cette décision provoque une réaction particulièrement sévère du professeur Alphonse Maindo Monga Ngonga, enseignant en sciences politiques à l’Université de Kisangani.

L’universitaire dit regretter ce qu’il qualifie de condamnation « hallucinante et ubuesque », estimant qu’elle traduirait, selon lui, une grave injustice.

« C’est quand même hallucinant et ubuesque cette condamnation indifférenciée. Elle témoigne d’une injustice grave, mais c’est sans surprise. Je l’avais déjà dénoncé », déclare-t-il.

Alphonse Maindo met notamment en cause l’influence des réseaux sociaux et ce qu’il décrit comme une forme de solidarité entre magistrats. À ses yeux, cette situation pourrait contribuer à affaiblir la confiance dans les institutions et la cohésion nationale.

Les débats au cœur de la contestation

Pour le professeur Maindo, les débats auraient révélé plusieurs éléments qui, selon son analyse, ne permettraient pas de soutenir les accusations telles qu’elles ont été retenues.

Il affirme notamment que le magistrat concerné aurait reconnu au cours de l’audience avoir été le premier à agresser les policiers dont le commandant est condamné à six mois pour non-assistance ! << Je crois rêver ».

L’universitaire soutient également que les avocats de la défense ont contesté méthodiquement les accusations portées contre leurs clients.

Il s’interroge par ailleurs sur la durée du délibéré, qu’il juge inhabituelle et qu’il interprète comme le signe de discussions difficiles au sein de la juridiction.

Les réquisitions du ministère public également critiquées

Alphonse Maindo revient aussi sur l’attitude de l’officier du ministère public. Il affirme que celui-ci avait sollicité un report pour préparer sa plaidoirie, alors qu’il était, selon lui, déjà disposé à requérir des condamnations pour plusieurs faits, notamment outrage, incitation de militaires à commettre des actes répréhensibles et injures.

Pour l’enseignant, le contenu du verdict ne correspondrait pas, selon son appréciation, aux faits tels qu’ils auraient été discutés au cours du procès.

« Encore un rendez-vous judiciaire manqué »

Le professeur Maindo dénonce enfin ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice. Aucune infraction ne tenait debout. Bref, encore un rendez-vous judiciaire manqué dans ce pays, soutient-il.

Il établit un parallèle avec l’affaire Dreyfus et le célèbre « J’accuse » d’Émile Zola, estimant que Guy Nzege, qu’il présente comme la victime dans cette affaire, finira par être réhabilité.

« J’accuse comme l’avait fait Émile Zola lorsqu’un officier militaire français avait été injustement condamné. La victime aujourd’hui s’appelle Guy Nzege. Comme Dreyfus, il sera réhabilité et entrera au Panthéon. J’en suis certain », affirme-t-il.