À Kisangani, le thermomètre politique affiche parfois des températures trompeuses. Mais le terrain, lui, ne ment jamais. Ce rendez-vous manqué de l’opposition, qui espérait paralyser la capitale de la Tshopo par une journée de mobilisation, s’est soldé par un retentissant coup d’épée dans l’eau. La population boyomaise a tranché par le mépris : un boycott pur et simple.
Dès les premières heures de la matinée, le décor était planté. Loin du spectre d’une ville morte, les artères principales ont vibré au rythme habituel de la cité. Les échoppes et grands magasins ont ouvert leurs rideaux, les marchés publics ont fait le plein, tandis que le charroi automobile — bus, taxis-bus et la marée ininterrompue des taxis-motos — sillonnait la ville sans le moindre heurt. Les administrations publiques et privées ont fonctionné à plein régime, pendant que les cours se donnaient normalement dans les écoles. Une journée ordinaire, au grand dam des organisateurs de la manifestation.
Pour Trésor Botamba Ahuta, jeune leader émergent de la Tshopo, ce constat de terrain est le signe d’une maturité politique désormais acquise. Saluant la lucidité des Boyomaises et Boyomais, il estime que la population a pris la mesure des enjeux actuels. Selon lui, les habitants ont compris l’urgence de se ranger derrière la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, axée sur la pacification de l’Est du pays, la fin des hostilités et le développement socio-économique de la Nation.
Au-delà du simple constat d’échec pour l’opposition, cette journée manquée résonne comme un message clair envoyé depuis le cœur de la Tshopo : à Kisangani, l’heure n’est plus aux incantations politiques ni aux appels à la rue, mais au travail et à la stabilité.
