Le ministre provincial de la Santé de la Tshopo, le Dr Simon Bokongo Kawaya, a animé un point de presse ce vendredi 10 juillet 2026 à Kisangani afin d’informer l’opinion publique sur la situation de la maladie à virus Ebola dans la province et les dispositions prises pour prévenir son introduction.
Bien qu’aucune transmission locale ne soit enregistrée à ce jour, les autorités sanitaires demeurent en état d’alerte en raison de la proximité avec les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu où l’épidémie est active. Les déplacements quotidiens des populations entre les trois provinces constituent un important facteur de risque, justifiant le renforcement des mesures de prévention et de surveillance.
Dans cette perspective, le gouvernement provincial de la Tshopo a intensifié le contrôle sanitaire aux principaux points d’entrée de Kisangani et renforcé les capacités des Centres de Traitement Ebola (CTE), prêts à accueillir et prendre en charge tout cas éventuel.
Selon le ministre provincial de la Santé, deux cas confirmés d’Ebola ont été recensés à la Tshopo. Il s’agit de cas importés en provenance de l’Ituri. Les malades ont été rapidement isolés et bénéficient d’une prise en charge spécialisée. Les autorités précisent qu’ils ne représentent plus de menace de contamination pour la population. Les personnes ayant été en contact avec eux restent sous surveillance pendant vingt et un jours, durée correspondant à la période maximale d’incubation du virus. Les examens effectués sur les autres cas suspects se sont, quant à eux, révélés négatifs.
Les autorités sanitaires insistent également sur l’importance d’une communication responsable. Elles invitent les professionnels des médias à relayer uniquement les informations émanant des sources officielles, notamment l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le ministère national de la Santé, le ministère provincial de la Santé et la Division provinciale de la Santé (DPS). Cette démarche vise à combattre les rumeurs et à éviter toute psychose au sein de la population.
Les équipes de riposte mettent en garde contre trois principaux obstacles à la lutte contre Ebola : l’ignorance, la peur et la désinformation. Elles rappellent que les fausses informations et les rumeurs peuvent fragiliser la confiance envers les services de santé et compromettre les efforts de riposte.
Sur le plan communautaire, les autorités appellent la population à ne pas stigmatiser les personnes venant des zones touchées. Elles soulignent qu’Ebola est une maladie qui exige une prise en charge médicale appropriée et non l’exclusion sociale. Toute personne présentant des symptômes compatibles avec la maladie après un séjour dans une zone affectée doit être signalée sans délai afin d’être orientée vers un centre spécialisé pour observation et traitement.
Par ailleurs, le gouvernement provincial poursuit le renforcement de son dispositif de prévention. À la suite d’un télégramme du ministre de l’Intérieur relatif à l’encadrement des rassemblements de masse, le gouverneur de province a signé deux arrêtés. Le premier concerne la mise en œuvre et la vulgarisation de neuf mesures de prévention contre Ebola, tandis que le second interdit l’entrée en Tshopo des dépouilles mortelles en provenance des zones affectées.
Les médias sont appelés à accompagner cette stratégie en sensibilisant la population sur les mesures barrières, en expliquant les décisions des autorités et en privilégiant la diffusion d’informations vérifiées.
Les autorités rappellent enfin que la protection de Kisangani constitue un enjeu majeur. En tant que principal carrefour économique et importante plateforme de transport aérien du nord-est de la République démocratique du Congo, la ville doit être préservée de toute transmission communautaire afin de garantir la poursuite des activités économiques et la libre circulation des personnes.
Le message des autorités est clair : faire preuve de vigilance sans céder à la panique, respecter les mesures de prévention, signaler rapidement tout cas suspect et se référer exclusivement aux informations officielles demeurent les meilleurs moyens d’empêcher l’installation de l’épidémie de maladie à virus Ebola à la Tshopo.
Maladie à Virus Ebola : La Tshopo renforce sa vigilance malgré l’absence de cas local
