Kisangani, 05/12/2025. La salle de conférences de l’hôtel Joli Rêve a servi de cadre, ce jeudi, à la clôture d’une session intensive de formation destinée aux cacaoculteurs membres de la Coopérative des agriculteurs et producteurs de cacao de la Tshopo (COOPAPROCA). Pendant quatre jours, ces acteurs clés du secteur agricole ont été outillés sur deux volets fondamentaux : l’organisation et le fonctionnement d’une coopérative agricole, ainsi que les bonnes pratiques de la culture du cacao.

Une expertise venue de Côte d’Ivoire, premier producteur mondial
Au cœur de cette formation, l’expertise ivoirienne a occupé une place de choix. L’agriculteur et formateur Désiré Ado, membre d’une coopérative cacaoyère en Côte d’Ivoire, a partagé avec la presse la quintessence de l’expérience transmise aux participants congolais.
« Durant ces quatre jours, nous avons partagé notre expérience, depuis la gestion d’une coopérative jusqu’à la durabilité de la culture du cacao. L’objectif est d’aider nos frères de la RDC à maintenir leurs plantations dans le temps. La coopération sud-sud nous permet de leur transmettre nos acquis, afin qu’ils évitent les erreurs commises chez nous et qu’ils réussissent pleinement dans cette filière stratégique », a expliqué Désiré Ado.
Selon lui, les attentes sont claires : voir émerger en RDC des plantations de cacao bien gérées, des coopératives fortes et unifiées, capables de défendre les intérêts des producteurs sur les marchés nationaux et internationaux. « La culture du cacao est exigeante, les défis sont multiples, mais après cette formation, nous croyons que les cacaoculteurs congolais sont mieux préparés pour les affronter », ajoute-t-il.
Une formation destinée à essaimer dans toute la province
Pour Muhindo Kyavu John, Directeur de la COOPAPROCA, cette session constitue une avancée majeure dans la professionnalisation de la filière cacao dans la Tshopo.
« Nous sommes satisfaits de la tenue de cette formation destinée aux formateurs. Ce sont désormais eux qui auront la responsabilité d’encadrer les planteurs à travers nos zones de production », a-t-il déclaré.
La formation a réuni non seulement les membres de la COOPAPROCA, mais également ceux des coopératives sœurs telles que Shamba Ni Mali et COCUSET. L’Office National du Café (ONAPAC) a dépêché plusieurs de ses ingénieurs, et d’autres acteurs agricoles ont participé sur invitation, témoignant de l’intérêt croissant pour la relance de la filière cacao dans la province.

Une première pour certains planteurs : satisfaction et engagement
Parmi les participants, plusieurs n’ont pas caché leur satisfaction. Une agricultrice venue de l’axe Alibuku, dans la Tshopo, a exprimé sa gratitude pour cette opportunité inédite.
« C’est la première formation du genre à laquelle je participe. Nous avons appris comment organiser une coopérative, comment sélectionner un bon sol, entretenir une plantation de cacao jusqu’à la maturité, et même comment traiter le cacao jusqu’à la transformation », a-t-elle témoigné, visiblement déterminée à améliorer sa production.
Un pas de plus vers une filière cacao durable et compétitive
Avec cette formation axée sur la gestion moderne des coopératives et les bonnes pratiques agricoles, la Tshopo s’inscrit dans une dynamique de montée en puissance dans la production cacaoyère. Si les recommandations sont appliquées sur le terrain, la province pourrait à terme devenir un pôle important de cacao de qualité en République démocratique du Congo.
FROK
