​L’adieu d’un sage à un homme d’État : Le vibrant hommage du patriarche Charles Lituta à feu Bernard Kasusula

Redaction
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L’ancien Vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Bernard Kasusula Djuma Lokali, décédé le 1er août dernier à la clinique Ngaliema à l’âge de 84 ans, a été conduit en sa dernière demeure ce vendredi14 août 2026 au cimetière de la Gombe à  Kinshasa. Une inhumation empreinte d’une solennité poignante, à la hauteur d’un homme dont le destin s’est confondu avec les grandes heures du pays.

​Avant le grand silence de la terre, l’émotion est montée d’un cran lorsque le patriarche Charles Lituta Ilongosi, ancien  DG de l’Agence pour la Promotion des Investissements dans la Province Orientale,  a pris la parole. Avec la précision des grands orateurs et le cœur lourd des sages, il a trouvé les mots justes pour saluer la mémoire de ce digne fils de Banalia. Un hommage vibrant à celui qui aura fait la fierté indéfectible de l’espace Grande Orientale en général, et de la province de la Tshopo en particulier.

Du brillant intellectuel de Stanleyville aux sommets de l’État

​Né le 12 mars 1942 à Stanleyville (actuelle Kisangani), fils de feu François Kasusula et de feu Thérèse Kamimbi, Bernard Kasusula incarnait cette élite congolaise façonnée par la rigueur et l’amour du savoir. Major de sa promotion en humanités pédagogiques chez les Frères Maristes à l’Institut Sainte-Marie en 1964, il décroche en 1968 une licence en sciences psychologiques à l’Université Lovanium, avant de parfaire son expertise en psychologie du travail à l’Université Libre de Bruxelles.

​Mais Kasusula n’était pas qu’un pur esprit universitaire ; il était une voix et une conscience. Rédacteur en chef du journal étudiant « Jeunesse Africaine », conférencier redoutable, il représente dès 1963 la jeunesse congolaise au Congrès de Bujumbura. Convaincu que l’avenir de la Nation reposait sur une jeunesse éclairée, il s’impose très tôt comme un leader d’opinion incontournable.

​Sa carrière, d’une densité rare, le verra bâtir l’édifice éducatif et politique du pays :

  • Dans l’Enseignement et la Formation : Directeur général adjoint de l’IPN, directeur des ISP de Mbandaka, Kananga et Kikwit, puis ministre de l’Enseignement primaire et secondaire.
  • Au sommet de l’État : Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur sous le gouvernement Birindwa, Sénateur de la République (2003-2006), et membre du Conseil économique et social depuis 2015.
  • Dans les grands tournants historiques : Figure clé de la Conférence Nationale Souveraine — où il présida les commissions cruciales sur les biens mal acquis et les assassinats —, cofondateur du Parti démocrate congolais avec Cléophas Kamitatu, artisan des accords de Sun City et fondateur de sa propre formation politique.
  • Dans le monde des affaires et de la gestion : Président du conseil d’administration de la SOTEXKI, administrateur à la MIBA et secrétaire rapporteur de l’Assemblée provinciale de la province Orientale.

L’héritage d’un serviteur de la Nation

​Au-delà des titres et des hautes charges républicaines, ceux qui l’ont côtoyé pleurent un homme de conviction, de justice et d’une intégrité sans faille. Un père de famille aimant qui laisse aujourd’hui une grande famille orpheline, mais riche d’un héritage moral inestimable.

​Bernard Kasusula Djuma Lokali quitte la scène nationale, mais son empreinte reste gravée dans le marbre de l’histoire congolaise. Sa trajectoire, des bancs de classe de Stanleyville aux prétoires de la politique nationale, demeure un phare pour les générations futures. La République s’incline ; la Tshopo pleure son fils, mais l’Histoire, elle, retient son nom.

Frok