« Nos infirmiers, notre avenir. Le pouvoir d’agir des infirmiers sauve des vies, mais aussi des économies. » C’est sous cette thématique interpellante et ancrée dans les réalités socio-économiques actuelles que la République Démocratique du Congo célèbre, ce vendredi 31 juillet 2026, la Journée Nationale des Infirmiers. Une date charnière qui revêt cette année une portée historique double : elle marque le dixième anniversaire de la promulgation de la loi n° 16/015 du 15 juillet 2016, fixant la création, l’organisation et le fonctionnement de l’Ordre National des Infirmiers du Congo (ONIC).
Pourtant, à l’heure du bilan d’une décennie de structuration et de défense de la profession, l’ambiance n’est pas aux réjouissances festives. Ce 10ᵉ anniversaire intervient dans un contexte sanitaire extrêmement tendu, alors qu’une partie du territoire national fait face à une nouvelle résurgence de la maladie à virus Ebola.
Kisangani : La Riposte d’Abord, les Célébrations Après
Dans la province de la Tshopo, le ton est à la gravité et à la responsabilité civique. Les activités de santé publique initialement programmées à Kisangani — notamment des séances de dépistage gratuit de l’hypertension artérielle et de mesure de la glycémie — ont été officiellement reportées à une date ultérieure.
Interrogé sur cette décision stratégique, Jérôme Bonui Boliaka, président du conseil provincial de l’ONIC-Tshopo, explique qu’il s’agit avant tout d’une nécessité organisationnelle face à l’urgence sanitaire :
« La journée du 31 juillet 2026 et le dixième anniversaire de l’ONIC dans la Tshopo se déroulent dans un contexte critique marqué par la maladie à virus Ebola. Toutes nos priorités opérationnelles doivent être réorientées vers la riposte. »
Un Appel Pressant à la Mobilisation Générale
Loin de se décourager, le président provincial de l’ONIC-Tshopo profite de cette tribune pour lancer un appel vibrant à l’unité et à la vigilance. Jérôme Bonui Boliaka demande instamment à l’ensemble des professionnels de santé d’accompagner sans réserve les efforts du gouvernement central, du gouvernement provincial dirigé par le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, du ministère provincial de la Santé, ainsi que des partenaires techniques et financiers engagés dans cette bataille.
Il exhorte les infirmiers et infirmières — qu’ils officient dans les structures étatiques ou le secteur privé — à adopter une posture d’avant-garde :
- Mettre rigoureusement en place tous les mécanismes de prévention et de contrôle de l’infection dans leurs formations sanitaires respectives.
- Axer leur travail sur la communication de risque, en établissant un dialogue de confiance, clair et apaisant avec les populations locales.
- Porter le message de sensibilisation sur tous les terrains, sans exception.
L’Infirmier, Maillon Vital de la Santé et de la Stabilité
En ce 31 juillet 2026, la célébration se résume à un mot d’ordre : la sensibilisation tous azimuths.
« Tous les infirmiers, sans exception aucune, où qu’ils se trouvent, doivent être motivés, contribuer activement et relayer sans relâche les messages de lutte contre la maladie à virus Ebola », martèle Jérôme Bonui Boliaka.
Alors que la profession souffle ses dix bougies d’organisation ordinale en RDC, le terrain rappelle avec force que l’infirmier reste le premier rempart du système de santé congolais. En investissant leur « pouvoir d’agir » dans la riposte contre Ebola, ces femmes et ces hommes ne protègent pas seulement des vies humaines : ils préservent le tissu économique et l’avenir de toute une nation.
VTL
