Kisangani, Tshopo — Ne plus seulement vivre de la terre, mais créer de la valeur autour d’elle. C’est en substance le signal fort envoyé ce lundi lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier de formation en agrobusiness axé sur les cultures pérennes. Une rencontre de haut niveau présidée par la ministre provinciale en charge de l’Agriculture, Maître Bijou Koy Taka, marquant le lancement d’une offensive pédagogique et économique stratégique pour le bassin de la Tshopo.
L’agrobusiness pérenne : une réponse technique et stratégique
Sur le terrain, les ambitions de cet atelier dépassent le cadre théorique. Les cultures pérennes — au premier rang desquelles le cacao, le café et le palmier à huile — exigent un savoir-faire rigoureux et une vision à long terme.
Les objectifs de cette session intensive s’articulent autour de quatre piliers fondamentaux :
- L’identification et la sélection de jeunes agripreneurs à haut potentiel, capables de porter des projets bancables et structurants.
- La maîtrise de la conduite des pépinières, maillon critique pour garantir un matériel végétal sain et à haut rendement.
- La gestion intégrée des ravageurs et maladies, condition sine qua non de la productivité face aux défis phytosanitaires actuels.
- L’ingénierie entrepreneuriale et l’agro-industrie, afin de transformer le producteur d’autrefois en véritable chef d’entreprise agricole.
Une vision politique alignée du sommet à la base
Prenant la parole, la ministre provinciale Bijou Koy Taka a tenu à inscrire cette initiative dans la continuité des grandes orientations nationales. Elle a rendu un hommage appuyé au Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, dont le mot d’ordre — « la revanche du sol sur le sous-sol » — constitue la boussole de la politique agricole du pays.
Cette vision, opérationnalisée au niveau national par le Ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, trouve son ancrage territorial dans la Tshopo grâce à la dynamisation portée par le Gouverneur Paul-Lendongolia Lebabonga, notamment à travers l’initiative citoyenne et productive « Samedi Bilanga ».
Cacao, Café, Huile de Palme : La Tshopo veut maîtriser sa chaîne de valeur
Pour la coordonnatrice du projet, Mme Cikuru Kajibwami Angélique, l’enjeu est clair : sortir des schémas extractifs traditionnels pour bâtir une véritable chaîne de valeur provinciale.
« À l’issue de cet atelier, nous voulons des jeunes agripreneurs capables de piloter des pépinières modernes, de diagnostiquer et traiter les pathologies des cultures pérennes, et d’impulser des projets agro-industriels majeurs. Ils doivent devenir les acteurs clés du cacao, du café et du palmier à huile dans la Tshopo », a-t-elle affirmé avec conviction.
S’adressant directement aux participants, elle a lancé un appel vibrant à la responsabilité générationnelle : « Vous êtes au centre de ce projet. Votre énergie, votre créativité et votre détermination sont les véritables moteurs du changement. Nous comptons sur vous pour bâtir une agriculture moderne, durable et prospère. »
Un écosystème d’excellence : Le Couloir Vert Kivu-Kinshasa en marche
Signe de la maturité stratégique du projet, les plus hautes institutions scientifiques de la région sont au rendez-vous. L’IFA Yangambi (Institut Facultaire des Sciences Agronomiques), représenté par son Secrétaire Général chargé de la recherche, le Professeur Osumbause, et l’INERA (Institut National d’Études et de Recherches Agronomiques), représenté par le Professeur Dieumerci Asumani, ont réaffirmé leur engagement. Leur présence garantit un transfert de technologies et une assise scientifique indispensables à l’intégration de la Tshopo dans le vaste ambitieux projet gouvernemental du Couloir Vert Kivu-Kinshasa.
Cet élan collectif s’appuie sur une coalition impressionnante de partenaires techniques et financiers : WAVE, SENASEM, ONAPAC, CIFOR, Virunga Fondation, Enabel, PSFD et Terra Group. Une synergie rare qui prouve que l’agrobusiness dans la Tshopo n’est plus une simple promesse, mais un chantier en pleine exécution.
La balle est désormais dans le camp de cette jeunesse agripreneuse, appelée à transformer chaque hectare de la Tshopo en levier de croissance inclusive.
FROK
