L’après-prison de Jean-Claude Pandatimu : la famille déclenche la bataille de l’opinion

Redaction
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Kisangani, 23 mai 2026 – Au lendemain de la libération du professeur et magistrat Jean-Claude Pandatimu Big wa Ganga, sa famille est sortie de son silence à travers une longue mise au point adressée à la presse. Dans ce document signé par Colette Pandatimu et Léon Pandatimu, les proches de l’universitaire dénoncent ce qu’ils qualifient de « persécution judiciaire », contestent la légalité de sa condamnation et annoncent la tenue prochaine d’un point de presse destiné à exposer leur version des faits.

Leon PANDATIMU, fils du magistrat

Professeur à la Faculté de droit de Université de Kisangani, magistrat du siège et chef de juridiction au Tribunal de commerce de Kisangani, Jean-Claude Pandatimu a récemment retrouvé la liberté après avoir exécuté une partie de la peine prononcée à son encontre par la Cour de cassation.
Selon sa famille, cette condamnation serait intervenue à l’issue d’une procédure entachée de nombreuses irrégularités. Les proches du magistrat soutiennent notamment que certaines dispositions légales auraient été ignorées ou mal interprétées au cours du procès, conduisant à une décision qu’ils considèrent contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit.
Une affaire présentée comme une « persécution »
Dans leur déclaration, les membres de la famille expliquent que le professeur Pandatimu se considère désormais comme un « persécuté », estimant avoir été visé en raison des fonctions publiques qu’il exerce. Ils évoquent une succession d’actes qu’ils attribuent à des motivations de jalousie, d’acharnement et d’instrumentalisation.
La famille affirme que les poursuites judiciaires trouvent leur origine dans une vidéo réalisée par le magistrat lors d’un incident impliquant son ex-épouse et des officiers de police judiciaire. Selon cette version, cette captation visait uniquement à constituer un élément de preuve dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Contestation de l’arrêt de condamnation
Le cœur de la contestation porte sur l’arrêt rendu par la Cour de cassation le 14 janvier 2026. Les proches du professeur soutiennent que les qualifications pénales retenues ne reposeraient pas sur les dispositions légales applicables au dossier.
Ils reprochent également à certaines autorités judiciaires d’avoir accordé du crédit à des éléments qu’ils jugent étrangers au droit positif, notamment un communiqué de presse publié en 2023 par l’ancien ministre des Droits humains, Albert Fabrice Puela.
La famille rejette catégoriquement les accusations selon lesquelles le magistrat aurait fait usage de gardes du corps pour maltraiter son ex-épouse. Elle affirme que les personnes visibles dans la vidéo controversée étaient des officiers de police judiciaire intervenant dans le cadre d’une opération légalement exécutée.
Dénonciation d’une campagne de diffamation
Au-delà du volet judiciaire, les proches de Jean-Claude Pandatimu dénoncent ce qu’ils qualifient de campagne de diffamation et de désinformation. Ils estiment que la présentation de la vidéo à certaines autorités publiques aurait reposé sur des informations inexactes destinées à nuire à la réputation du magistrat.
Selon eux, cette exposition médiatique a eu pour conséquence de soumettre le professeur à l’humiliation publique et à une forte pression psychologique, aggravée par son incarcération.
Des séquelles psychologiques évoquées
La mise au point évoque également les conséquences humaines de cette affaire. La famille fait état d’atteintes à l’intégrité psychologique du professeur, d’un traumatisme lié à sa détention, ainsi que de troubles psychosomatiques consécutifs au stress et aux conditions de privation de liberté.
Ses proches expliquent que ces séquelles justifient une période de repos avant toute réapparition publique du magistrat.
Un point de presse annoncé
La famille annonce enfin qu’un point de presse sera organisé dans les prochains jours par Jean-Claude Pandatimu lui-même. Cette intervention devrait permettre, selon ses proches, de présenter sa lecture complète du dossier et de revenir sur les circonstances de sa condamnation, de son incarcération et de sa libération.
Parmi les thèmes annoncés figurent l’analyse de la vidéo à l’origine de l’affaire, les conditions de détention du magistrat, la lutte contre la désinformation, le pardon, ainsi qu’un témoignage personnel portant sur son parcours spirituel durant l’épreuve judiciaire.
Cette sortie médiatique est attendue dans un contexte où l’affaire continue d’alimenter les débats au sein des milieux judiciaires, universitaires et de défense des droits humains à Kisangani et au-delà.
À noter : Les allégations contenues dans la mise au point de la famille Pandatimu reflètent exclusivement leur position. Les personnes et institutions citées n’ont pas été entendues dans le cadre de cet article et pourraient présenter une version différente des faits.