Kisangani : 35 ans après au cimetière de la Makiso, la mémoire du célèbre TSHIM Marley ravivée

Redaction
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Un vent de mémoire a soufflé ce samedi 28 février 2026 au cimetière de la Makiso, à Kisangani. Trente cinq ans, jour pour jour, après la disparition de TSHIMANGA Mutanda Gédéon dit TSHIM MARLEY, une gerbe de fleurs a été déposée sur sa tombe en hommage à celui qui fit vibrer toute une génération de Boyomais.

Ce samedi au cimetière de la Makiso

Le geste, chargé d’émotion, a été posé par l’artiste musicien et comédien Mutombo Dibwe, dit Mukulukuliu, aux côtés de Madame Marie Pierre Mbuyi du complexe scolaire Mukadona, fille du défunt. Le choix de la date n’a rien d’anodin : le 28 février marque l’anniversaire de la mort de cette figure emblématique de la scène musicale boyomaise, survenue il y a environ 35 ans.
Dans un entretien accordé à depechesdelatshopo.com, Mukulukuliu n’a pas caché son émotion. « Je suis devenu une star dans l’orchestre Les Tréteaux grâce à TSHIM MARLEY. Je me suis marié et mes enfants ont étudié grâce à lui. J’ai eu des occasions de voyager par avion pour des tournées musicales en Ituri, à Bumba et ailleurs grâce à cet homme dont je regrette profondément le décès », a-t-il confié, la voix chargée de souvenirs.
Fondateur de l’orchestre boyomais Les Tréteaux, TSHIMANGA Mutanda Gédéon alias TSHIM MARLEY était licencié en Anglais et Cultures Africaines de l’ISP Bukavu, où il fit ses premiers pas artistiques. C’est au Sud-Kivu que naît sa passion pour la scène, avant qu’il ne vienne s’installer à Kisangani. Son style, fortement inspiré du reggae et des chansons du mythique Bob Marley, lui vaudra ce surnom affectueux de « TSHIM MARLEY », donné par un public séduit par son timbre, son engagement et son charisme.
À l’époque, la ville vivait au rythme des duels musicaux. Les Tréteaux, soutenus par la société brassicole UNIBRA à travers sa bière SKOL, rivalisaient d’ardeur avec l’orchestre Singa Mwambe du célèbre Gracia Ndongala, sponsorisé par la BRALIMA et sa bière PRIMUS. Ces confrontations artistiques, loin d’être de simples compétitions, structuraient la vie culturelle boyomaise et fédéraient la jeunesse autour des podiums.
TSHIM MARLEY se produisait régulièrement au Centre culturel français, aujourd’hui Alliance Française de Kisangani, haut lieu d’expression artistique. Ses prestations, mêlant reggae, rythmes congolais et textes engagés, ont marqué les années 1980 et laissé une empreinte indélébile dans la mémoire collective.

Le jour des obsèques en 1991

Trente cinq ans après sa disparition, le dépôt de gerbe au cimetière de la Makiso dépasse le simple rituel commémoratif. Il réveille une époque où la musique structurait les rêves, forgeait les amitiés et offrait des perspectives à toute une jeunesse. Pour beaucoup d’anciens, évoquer TSHIM MARLEY, c’est revisiter les années fastes des orchestres live, des soirées endiablées et d’une concurrence artistique saine qui faisait la fierté de Kisangani.
En ce 28 février 2026, la nostalgie n’était pas seulement dans les mots. Elle flottait dans l’air, comme un écho lointain d’une guitare reggae résonnant encore dans le cœur des Boyomais.
FROK