Kisangani, 5 septembre 2025 – Face à la recrudescence de l’insécurité dans la ville de Kisangani, le chef de division provinciale de l’Habitat, Charles Angbilia, appelle les autorités à renforcer l’identification des maisons et des avenues. Une démarche qu’il considère comme indispensable non seulement pour la sécurité, mais aussi pour la santé publique et la bonne organisation urbaine.
En parcourant les communes de la ville, M. Angbilia a dressé un constat alarmant : la majorité des maisons d’habitation ne portent aucun numéro officiel et de nombreuses avenues ne disposent d’aucune appellation formelle. Une situation qui complique considérablement le travail des services de sécurité.
« Quand une maison n’a pas d’adresse, il devient difficile d’identifier un suspect. Comment les services de sécurité peuvent-ils intervenir rapidement sans indication claire ? », s’est-il interrogé.
Le même problème se pose en cas de sinistres. Selon lui, l’absence d’adressage ralentit les secours : « Si un incendie survient, comment les véhicules anti-incendie peuvent-ils intervenir efficacement sans numéro de parcelle ? Il en est de même pour les ambulances qui, souvent, perdent de précieuses minutes à chercher une maison. »
L’habitat, un service marginalisé
Pour le chef de division provinciale de l’Habitat, cette mission relève clairement de son service. Cependant, il regrette que, dans la pratique, ce rôle soit souvent confisqué par d’autres structures, ou alors laissé sans moyens concrets pour être exécuté.
« C’est l’attribution du service de l’Habitat dans les communes et territoires. Malheureusement, les autorités ne mettent pas à disposition les ressources nécessaires pour que ce travail se fasse », a-t-il dénoncé.
Il souligne que toutes les communes de Kisangani connaissent de nouveaux lotissements, mais que ceux-ci demeurent sans nom officiel d’avenues ni numérotation des parcelles. Cette lacune crée un désordre croissant dans la gestion urbaine.
Une ville en mutation, un cadre juridique négligé
Le cas du centre-ville illustre parfaitement le problème. Des avenues qui comptaient autrefois une vingtaine de maisons ont été morcelées avec le temps. Or, cette transformation aurait dû s’accompagner d’un travail d’aménagement et de réajustement par les services compétents, en se basant sur les certificats d’enregistrement déjà existants.
Pour Charles Angbilia, seule une implication claire des autorités, assortie de moyens suffisants, permettra de restaurer l’ordre dans l’adressage et de renforcer la sécurité des citoyens.
« Il est temps que nos avenues soient connues comme le sont nos quartiers et nos communes. Chaque parcelle doit porter un numéro de police. C’est la clé pour sécuriser nos espaces de vie et faciliter l’intervention rapide des services publics », a-t-il conclu.
FROK
