ISTM Kisangani : à la découverte d’un établissement au service de la formation des professionnels de santé

Redaction
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À l’approche de la rentrée académique 2026-2027, l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM) de Kisangani entend renforcer sa contribution à la formation des professionnels de santé, en mettant notamment l’accent sur les filières spécialisées encore peu représentées. C’est l’un des principaux messages ressortis de l’émission hebdomadaire Débat Tshopolais, produite dimanche 11 octobre 2026 et diffusée sur les antennes de la Radio Flambeau de l’Orient, Radio Télévision Eben Ezer Kisangani et du média en ligne dépêchesdelatshopo.com.

Pendant plus d’une heure et demie, le secrétaire général académique de l’ISTM Kisangani, le professeur Émile LIBONZE, accompagné des chefs des différentes sections de l’établissement, a présenté le fonctionnement, l’organisation, les filières de formation et les perspectives de développement de cette institution publique d’enseignement supérieur spécialisée dans les sciences et les techniques médicales.

De la genèse à l’autonomie institutionnelle

L’histoire de l’ISTM Kisangani remonte à 1988, année au cours de laquelle le projet de création de cet établissement est conçu par l’infirmier Lofoli Wangewaato et le professeur Bernard Labama Lokwa, aujourd’hui décédé. Après plusieurs démarches préparatoires, l’institut ouvre officiellement ses portes le 22 mars 1992, avec un effectif initial de 314 étudiants.

En 1997, l’établissement connaît une réorganisation administrative avant d’accéder à l’autonomie institutionnelle. Depuis lors, il poursuit son développement en diversifiant ses formations et en renforçant progressivement ses capacités d’encadrement des étudiants.

Sa mission consiste à former des cadres spécialisés appelés à travailler dans les hôpitaux, les centres de santé, les laboratoires et les autres structures de prise en charge médicale, mais également à contribuer à la prévention des maladies et à la promotion de la santé communautaire.

Plusieurs filières au service de la santé

Pour répondre aux besoins du secteur sanitaire, l’ISTM Kisangani organise plusieurs filières de formation, notamment les Sciences infirmières, avec différentes orientations telles que les soins généraux et la pédiatrie, la filière Sage-femme, la Biologie médicale et les Techniques de laboratoire, la Gestion des organisations de santé, la Motricité, la Pharmacie, la Nutrition, la Santé communautaire et l’Imagerie médicale.

Selon les filières et les modalités d’organisation académique en vigueur, les enseignements peuvent être dispensés en différentes vacations, notamment de jour et de soir. Les étudiants peuvent également poursuivre leur parcours dans les cycles supérieurs, jusqu’au master, conformément aux dispositions applicables.

L’institution fonctionne actuellement sur deux sites : le site principal, situé à proximité de l’Hôpital général de référence de Makiso-Kisangani, et celui de Magopi, où des travaux de construction sont en cours.

Sur le plan des ressources humaines, l’établissement compte deux professeurs propres à l’institution, une trentaine des mémoires de DES ou DEA en préparation de défense, environ une centaine de membres du corps scientifique ainsi que plus de 600 agents du personnel administratif, technique et ouvrier. Ces ressources humaines contribuent au fonctionnement quotidien de l’ISTM, à l’encadrement des étudiants et à l’accomplissement de ses missions d’enseignement et de recherche.

Modernisation et développement de la recherche

En 2026, sous la direction du professeur ordinaire docteur Salomon Batina Agasa, l’ISTM Kisangani poursuit ses efforts de modernisation. Les initiatives engagées concernent notamment la construction et la rénovation des infrastructures, l’amélioration des conditions d’enseignement, la numérisation des services administratifs et le développement de la recherche scientifique.

Dans cette dynamique, l’établissement envisage également la création d’une revue scientifique, un projet destiné à renforcer la diffusion des travaux de recherche et à favoriser la production des connaissances dans le domaine des sciences de la santé.

Ces perspectives s’inscrivent dans un contexte où les besoins du système sanitaire exigent non seulement des infrastructures adaptées, mais aussi des professionnels disposant de compétences spécifiques pour assurer une prise en charge complète des patients.

Le professeur Émile LIBONZE insiste sur la complémentarité des professions médicales

Au cours de l’émission, le secrétaire général académique, le professeur Émile LIBONZE, a particulièrement insisté sur la complémentarité entre les différentes professions intervenant dans la chaîne des soins.

« Dans la science aujourd’hui, au XXIᵉ siècle, il est question de complémentarité », a-t-il expliqué, soulignant que la médecine ne peut se limiter au diagnostic posé par le médecin et à la prescription des médicaments.

Selon lui, la guérison d’un patient dépend également de l’intervention d’autres professionnels qualifiés, notamment les infirmiers, les laborantins et les spécialistes chargés de la prévention des maladies au sein des communautés.

À titre d’exemple, il a rappelé qu’après une intervention chirurgicale, le patient a besoin d’un suivi rigoureux assuré par des professionnels formés aux soins. De même, les analyses de laboratoire contribuent à l’établissement des diagnostics et au suivi de l’évolution de l’état de santé, tandis que les acteurs de la santé communautaire jouent un rôle important dans la prévention et la surveillance des épidémies.

Pour le professeur Émile LIBONZE, la disponibilité de compétences spécialisées constitue ainsi un enjeu majeur pour améliorer la qualité de la prise en charge médicale et réduire les conséquences du manque de personnel qualifié dans certains domaines.

Un appel aux nouveaux diplômés d’État

Abordant la question de l’orientation des nouveaux étudiants, le secrétaire général académique a plaidé pour un choix des filières tenant compte des besoins réels du système sanitaire.

« Le souci aujourd’hui, c’est de former les étudiants dans les domaines qui sont rares plutôt que dans des domaines où il y a un effectif pléthorique d’étudiants », a-t-il déclaré, attirant l’attention sur les difficultés liées à l’insuffisance de spécialistes dans certaines branches de la santé.

Son message s’adresse particulièrement aux nouveaux détenteurs de diplômes d’État, appelés à s’inscrire à l’ISTM Kisangani et à envisager des formations dans les domaines où les besoins en compétences spécialisées se font davantage sentir.

À travers cet appel, l’établissement entend encourager une orientation académique qui tienne compte des perspectives professionnelles, mais surtout des exigences de la prise en charge des malades et de la prévention des maladies.

À l’approche de la rentrée académique 2026-2027, la présentation de l’ISTM Kisangani dans Débat Tshopolais aura ainsi permis de mettre en lumière son histoire, ses filières, son fonctionnement et ses ambitions, tout en soulignant la place essentielle des professionnels des techniques médicales dans le système de santé.

Dans son prochain article, la rédaction de Dépêches de la Tshopo reviendra en détail sur chacune des filières organisées à l’ISTM Kisangani, afin de mieux faire connaître les formations proposées aux futurs étudiants et les débouchés auxquels elles peuvent conduire.

FROK