Il est des trajectoires politiques qui ne s’éteignent pas avec le départ des ors ministériels ; elles se réinventent sur le terrain de l’action concrète. Ancien ministre des Travaux publics, ex-gouverneur de la capitale Kinshasa, ancien Conseiller principal du Chef de l’État aux Infrastructures et Directeur général honoraire de l’ONATRA, Jean Kimbembe Mazunga appartient à cette trempe de grands commis de l’État dont la parole pèse.
Ce samedi 1ᵉʳ août 2026, c’est depuis le cadre enchanteur du CONKIM LODGE—son site touristique érigé sur les berges majestueuses du fleuve Congo, à 9 kilomètres du centre-ville de Kisangani—qu’il a accordé un entretien d’une heure au grand magazine hebdomadaire « DÉBAT TSHOPOLAIS ». Face au trio de journalistes Laurent Kangisa, Ernest Mukuli et François Okondamomba, l’homme d’État a balayé l’actualité avec la lucidité et l’aisance des personnalités qui n’ont plus rien à prouver, mais encore tout à offrir.
Du sac de chikwange à la haute administration : La trajectoire de l’homme de terrain
S’il était venu expliciter les coulisses de deux événements majeurs qui font vibrer la Boyoma—la Course des piroguiers et le Festival Congo River—Jean Kimbembe Mazunga a rapidement dépassé le simple cadre évènementiel pour offrir une réflexion profonde sur le sens de l’engagement public.
« Je suis à la réserve de la République. Le jour où le Président Fatshi me demande d’aller travailler, je vais le faire, » a-t-il affirmé d’emblée, réfutant l’idée que le service de la Nation se limite aux insignes du pouvoir. « Il ne faut pas seulement se trouver sur un fauteuil avec un drapeau derrière. Ce que je fais ici, c’est pour le bien-être de la population. »
Et pour cause. En transformant ce coin de la commune de Kisangani grâce au CONKIM LODGE, l’ancien ministre fait tourner une micro-économie locale et emploie directement une cinquantaine de personnes. Un choix de vie guidé par une philosophie sociale ancrée dans ses propres origines :
« Je suis fils d’un cuisinier, d’un père qui fut « boy » chez un Blanc. J’ai étudié à l’école primaire officielle de Diba, en face du marché Simba Zikida. Le matin, je mettais sur ma tête le sac de chikwange pour accompagner ma mère, et à midi, je traversais l’avenue pour aller en classe. Ayant suivi ce parcours, je suis celui qui doit œuvrer pour l’amélioration des conditions de ceux qui m’entourent. »
Pour Kimbembe Mazunga, veiller à ce que ses employés soient décemment rémunérés et en mesure de scolariser leurs enfants n’est pas un acte de gestion privée, c’est le prolongement naturel de sa mission républicaine.
Une proximité assumée et fluide avec le pouvoir en place
Interrogé cash par l’équipe de DÉBAT TSHOPOLAIS sur la nature exacte de ses relations avec le régime actuel, le haut cadre n’a pas botté en touche. Au contraire, il a aligné les faits avec une assurance magistrale.
De l’initiative de la Course des piroguiers à sa concrétisation, il dresse le bilan d’une synergie institutionnelle sans accroc :
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- Un accueil attentif du cabinet de la Première ministre ;
- Un soutien déterminant de Son Excellence Éliezer Ntambwe qui, malgré un deuil familial cruel, s’est investi pour l’événement ;
- L’accompagnement précieux de la ministre de la Culture via le Fonds de Promotion Culturelle (FPC) ;
- La structuration technique apportée par l’Office National du Tourisme ;
- Et la dotation en intrants de pêche distribués à près de 300 personnes par le ministre de la Pêche et Élevage, Jean-Pierre Tshimanga.
« Qu’est-ce que vous pensez que je peux encore vous dire ? Je suis à l’aise avec ce gouvernement. Dans ce que je fais, il m’accompagne. Vous ne trouvez pas que c’est une bonne réponse à votre question ? » a-t-il lancé avec une ironie mordante aux journalistes.
Dialogue national et expertise d’État : Pas de sollicitation, mais un devoir de réponse
À l’heure où les rumeurs et annonces sur un éventuel Dialogue National occupent les salons politiques de la capitale, la réponse de Jean Kimbembe Mazunga sur une possible invitation était particulièrement attendue. Sans fioriture, la notabilité politique a fixé son cap :
« Je suis une notabilité dans ce pays, je fais partie de l’histoire politique du pays. Si je dois participer à des rencontres où les gens se mettent à réfléchir pour le devenir de ce pays, pourquoi ne pas le faire ? Je ne le sollicite pas. Et si on me demande d’y aller, je ne pense pas que je vais refuser. »
Rappelant fort à propos que « réfléchir pour le pays ne se limite pas aux seules questions politiciennes », Kimbembe Mazunga a souligné qu’il apporte déjà régulièrement son expertise au régime. Invité par le ministre des Infrastructures John Banza lors de la Conférence Nationale sur les Travaux Publics, ou sollicité par le Gouverneur de Kinshasa Daniel Bumba dans les colloques sur l’assainissement de la capitale, il continue d’irriguer le débat public de son expérience technique.
