Le gouverneur Paulin Lendongolia appelle la population au respect strict des mesures barrières et met en garde les structures sanitaires qui dissimulent des cas positifs.
La situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola demeure préoccupante dans la province de la Tshopo. Au total, 62 cas ont été confirmés, dont 25 décès, 29 guérisons et 8 malades actuellement pris en charge. Ces chiffres ont été communiqués ce lundi 12 octobre 2026 par le gouverneur de province, Paulin Lendongolia Lebabonga, lors d’un point de presse tenu dans la salle des réunions de son cabinet, en présence des partenaires techniques et financiers.
Face à la persistance de l’épidémie, l’autorité provinciale a lancé un nouvel appel à la vigilance et à la responsabilité collective, insistant sur la nécessité de renforcer les mesures de riposte pour freiner la propagation du virus.
Selon Paulin Lendongolia, la province de la Tshopo a été confrontée à cette menace à partir du 28 juin dernier, à la suite de l’arrivée, en provenance de la province de l’Ituri, d’un corps sans vie. Depuis lors, plusieurs mesures administratives ont été prises pour limiter la circulation du virus. Il s’agit notamment de l’interdiction du transport des cadavres dans la province, de la restriction des rassemblements de masse, de l’application obligatoire des mesures barrières ainsi que de la création d’une cellule provinciale d’éveil contre Ebola.
Malgré ces dispositions, l’épidémie continue de faire des victimes. Le gouverneur a également indiqué que les équipes de riposte avaient identifié près de 3 000 contacts des personnes déclarées positives, dont certains ont bénéficié d’un suivi sanitaire sans développer de symptômes.
Des structures sanitaires dans le viseur des autorités
L’un des principaux défis évoqués par le gouverneur concerne la dissimulation de certaines informations par des structures sanitaires publiques et privées. Paulin Lendongolia a dénoncé la prise en charge clandestine de personnes testées positives sans notification préalable aux équipes officielles de riposte.
Il a affirmé que des établissements impliqués dans de telles pratiques avaient déjà été suspendus et prévenu que d’autres structures pourraient subir la même sanction si elles persistaient dans ces comportements.
Pour l’autorité provinciale, la transparence et la collaboration avec les services sanitaires constituent des conditions indispensables à une riposte efficace.
Des attaques contre les équipes de riposte dénoncées
Autre sujet d’inquiétude : les résistances communautaires et les violences visant les agents déployés sur le terrain. Le gouverneur a fait état d’agressions contre les équipes de riposte à Bafwasende, à Kisangani et dans d’autres entités de la province. Des agents auraient été blessés et du matériel utilisé dans le cadre des interventions aurait été incendié.
Face à ces actes, Paulin Lendongolia a annoncé sa détermination à mobiliser les services compétents contre les auteurs de violences et ceux qui diffusent des messages de nature à inciter la population à se méfier des équipes sanitaires.
Il a, par ailleurs, exhorté les leaders d’opinion, les responsables religieux, les journalistes, les évangélistes, les médecins et les enseignants à s’impliquer dans la sensibilisation communautaire afin de combattre les rumeurs et le déni de l’existence de la maladie.
La RN4 sous surveillance, une fermeture envisagée
Sur le plan de la surveillance aux limites provinciales, le chef de l’exécutif provincial a particulièrement pointé les risques liés aux mouvements de personnes en provenance des provinces voisines de l’Ituri et du Nord-Kivu, notamment par la route nationale numéro 4 (RN4).
Des équipes ont été déployées aux principaux points de contrôle, entre autres au PK23, sur les axes de l’Ituri et de Lubutu, ainsi qu’à Avakubi. Cependant, le gouverneur déplore le non-respect de certaines consignes par les services affectés à ces barrières.
Il leur a demandé d’appliquer rigoureusement les mesures prescrites, notamment celles relatives au contrôle des mouvements, à l’interdiction du transport des cadavres et à la prévention des rassemblements à risque. Il a également rappelé la disponibilité de thermoflashs et de désinfectants destinés à renforcer les opérations de contrôle et de prévention.
Face à la persistance des manquements, Paulin Lendongolia a averti que les autorités provinciales pourraient envisager, dans les prochains jours, la fermeture de la RN4 si la situation venait à s’aggraver.
Un appel à la mobilisation générale
Tout en saluant les appuis obtenus auprès du gouvernement central et des partenaires techniques et financiers, le gouverneur a assuré que les activités de riposte se poursuivaient sur le terrain, conformément au plan établi par les services compétents.
Il a réaffirmé la détermination du gouvernement provincial, de la Division provinciale de la santé et du ministère provincial de la Santé à poursuivre les efforts engagés pour protéger les populations.
Pour Paulin Lendongolia, la lutte contre Ebola ne peut toutefois reposer uniquement sur les autorités et les professionnels de santé. Elle exige l’adhésion de toute la communauté, le respect des consignes sanitaires et la protection des équipes chargées de contenir l’épidémie.
Avec 25 décès déjà enregistrés parmi les 62 cas confirmés, la situation rappelle l’urgence d’une mobilisation collective. Le gouverneur appelle ainsi chaque habitant à prendre la menace au sérieux, à respecter les mesures de prévention et à collaborer avec les services sanitaires afin de limiter de nouvelles contaminations.
FROK
