Incident du PK 122 : les zones d’ombre soulevées par TROPENBOS

Redaction
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Kisangani — Le dossier relatif à l’incident survenu au PK 122, dans le territoire de Bafwasende, impliquant des membres d’une mission de TROPENBOS RDC, connaît de nouveaux développements. Lors d’un point de presse tenu lundi dans ses bureaux, le professeur Alphonse MAINDO Monga Ngonga, responsable de TROPENBOS RDC, a présenté sa version des faits et exprimé ses préoccupations quant à la suite de la procédure judiciaire.

À ce stade, plusieurs éléments rapportés demeurent toutefois du ressort de l’enquête et de la justice. Les responsabilités individuelles, les circonstances exactes de l’incident ainsi que l’existence éventuelle de complices ou de commanditaires doivent encore être établies par les autorités compétentes.

La foresterie communautaire au cœur du contexte

Dans son intervention, le professeur MAINDO a d’abord rappelé le contexte dans lequel intervient son organisation. La Tshopo figure parmi les provinces pionnières en matière de foresterie communautaire, un processus visant notamment à permettre aux communautés locales et aux peuples autochtones de participer à la gestion durable des forêts.

Selon le responsable de TROPENBOS RDC, le gouvernement provincial de la Tshopo a déployé des efforts importants dans ce domaine. Il affirme également que la ministre d’État, ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, avait souligné cette dynamique lors d’un Conseil des ministres.

Le professeur MAINDO rapporte par ailleurs que le président de la République aurait salué les efforts accomplis et encouragé les autorités provinciales à accélérer le processus de foresterie communautaire.

TROPENBOS RDC se présente ainsi comme un partenaire des pouvoirs publics dans la mise en œuvre des politiques forestières et environnementales.

Un suspect transféré à Kisangani

S’agissant de l’incident du PK 122, Alphonse MAINDO indique que la personne qu’il présente comme le principal suspect, désignée sous le nom de Djuma, a été transférée à Kisangani le 26 août 2026.

Le 27 août, les membres de la mission qui se considèrent comme victimes se seraient présentés devant les services de police afin d’être entendus et de déposer leurs déclarations.

Selon le récit du responsable de TROPENBOS, le parquet général, saisi du dossier, aurait demandé l’ouverture rapide de la procédure et insisté auprès de la police pour que le dossier lui soit transmis. Celui-ci aurait été communiqué au parquet le même jour.

La suite de la procédure, telle que relatée par TROPENBOS, aurait toutefois suscité l’incompréhension des victimes.

Une demande de pardon qui aurait choqué les victimes

Le professeur MAINDO affirme que, lors de leur passage devant l’avocat général chargé du dossier, le 28 août, les victimes auraient été informées que le suspect reconnaissait les faits, tout en expliquant avoir agi sous l’effet de l’alcool.

Toujours selon ce témoignage, il aurait demandé pardon et soutenu qu’il n’avait pas l’intention de faire du mal à qui que ce soit.

Le responsable de TROPENBOS affirme également que les victimes auraient été invitées à lui pardonner, notamment au motif qu’elles continuent à travailler dans la zone et pourraient, à défaut, être exposées à de nouvelles représailles.

Cette version des échanges repose, à ce stade, sur le récit livré par TROPENBOS et mériterait d’être confrontée à la version du parquet et des autres parties concernées.

Selon le même récit, les victimes auraient exprimé leur désaccord et leur indignation face à cette démarche.

TROPENBOS affirme agir dans le cadre de ses missions

Le professeur MAINDO a par ailleurs tenu à rappeler le statut de son organisation.

« Nous ne sommes pas l’État, nous ne faisons pas le travail de l’État, mais nous appuyons, nous accompagnons donc l’État dans ce qu’il a comme mission », a-t-il déclaré.

Selon lui, TROPENBOS intervient en République démocratique du Congo dans le cadre d’un partenariat avec les autorités et dispose des autorisations nécessaires pour mener ses activités.

Il affirme également que l’organisation ne cherche pas à empêcher l’exploitation des ressources naturelles lorsqu’elle est effectuée dans le respect des autorisations légales.

Son principal grief, soutient-il, porte plutôt sur toute tentative visant à empêcher TROPENBOS d’exercer les activités pour lesquelles l’organisation affirme avoir reçu mandat et autorisation.

Des menaces que TROPENBOS demande de prendre au sérieux

Alphonse MAINDO affirme que des menaces auraient été proférées à l’encontre de membres de son équipe et des communautés accompagnées par l’organisation.

Il attribue ces menaces à Djuma et à des personnes qui lui seraient liées, mais cette éventuelle organisation, son ampleur et les responsabilités précises de ses membres restent, elles aussi, à établir par l’enquête.

Le responsable de TROPENBOS demande néanmoins aux autorités de prendre ces alertes au sérieux et assure que son organisation entend utiliser toutes les voies légales disponibles pour assurer la protection de ses équipes et des communautés.

Il évoque notamment la possibilité de saisir les instances nationales si la procédure engagée localement ne permettait pas, selon lui, d’établir les responsabilités et de garantir les droits des victimes.

« La force doit revenir à l’État »

Au-delà de l’incident lui-même, le professeur MAINDO estime que la question posée est celle de l’autorité de l’État et de la sécurité des communautés dans les zones où les ressources naturelles suscitent des intérêts concurrents.

Il met en garde contre le risque de voir apparaître des groupes capables d’imposer leur propre loi et d’alimenter un cycle de représailles.

« La force doit revenir à l’État. On ne peut pas laisser des voyous prendre le dessus », a-t-il déclaré.

Cette déclaration traduit la position de TROPENBOS, alors que la qualification des faits, l’identité et le rôle exact des différents protagonistes relèvent encore de la procédure judiciaire.

Pour le responsable de l’organisation, les premières personnes exposées restent les communautés locales.

« Les premières victimes de ces menaces sont les membres des communautés locales », a-t-il soutenu.

Des questions auxquelles l’enquête devra répondre

Pour TROPENBOS, l’enjeu est désormais de faire toute la lumière sur les circonstances de l’incident.

Le professeur MAINDO souhaite notamment savoir pourquoi le suspect présumé se serait rendu dans la concession forestière communautaire concernée, dans quelles circonstances l’attaque alléguée aurait eu lieu et s’il existe d’éventuelles connexions avec d’autres personnes.

Il évoque également des accusations relatives à l’exploitation de matières minérales dans la concession concernée et à des atteintes à l’environnement.

Ces allégations devront, elles aussi, être documentées et établies par les investigations compétentes avant de pouvoir être considérées comme des faits judiciairement établis.

Justice, vérité et réparation

Le responsable de TROPENBOS demande que les victimes puissent connaître la vérité sur ce qui s’est passé, que les responsabilités soient établies et que les éventuels préjudices soient pris en compte.

Il plaide notamment pour la réparation des dommages matériels et psychologiques qui auraient été subis par les membres de la mission et les communautés concernées.

Pour lui, la réponse judiciaire doit permettre d’éviter que la situation ne dégénère en un cycle de violences et de représailles.

L’appel s’adresse ainsi aux autorités politiques, judiciaires et sécuritaires, invitées à traiter rapidement le dossier tout en garantissant une procédure contradictoire permettant d’établir les faits.

Car, dans cette affaire, les accusations sont nombreuses, mais leur établissement relève désormais de l’enquête et de la justice.

Et c’est précisément à cette vérité judiciaire que TROPENBOS dit vouloir parvenir.