Buta, 3 octobre 2025 — Le climat politique s’échauffe à l’Assemblée provinciale du Bas-Uele. Une pétition de retrait de confiance, signée par dix députés sur dix-huit, vise le président de l’institution, le professeur Simon Tutu Tsamemba. Mais ce dernier rejette catégoriquement les accusations et parle d’un « complot » destiné à salir son image.
« Rien de fondé »
Dans une interview exclusive accordée à depechesdelatshopo.com, Simon Tutu balaie tous les griefs :
« Il n’y a rien de fondé dans ce document. C’est un montage grossier », affirme-t-il.
Il estime que le blocage du calendrier des matières est dû à l’absentéisme massif des députés :
« Comment m’accuser de l’inexécution de calendrier des matières de la session quand la majorité des élus ne viennent pas en plénière ? »
Concernant la collaboration au sein du bureau, il parle de « mauvaise foi » et rappelle que toutes les décisions sont prises collectivement. Quant à la questeure, il pointe « son incompétence et son absence chronique », plutôt qu’une confiscation de ses attributions.
La racine du conflit : AGPC vs UDPS
Pour Simon Tutu, le véritable problème est politique. Après les élections de décembre 2023, l’AGPC avait obtenu cinq sièges et l’UDPS/Tshisekedi quatre. Selon l’accord de gouvernance, l’AGPC devait prendre le gouvernorat et l’UDPS la présidence de l’Assemblée. Mais, lors de la formation du gouvernement provincial, l’UDPS n’a obtenu que deux ministères. Concernant les nominations tant au secrétariat exécutif du gouvernement provincial qu’à la direction générale des recettes du Bas-uele, le parti présidentiel n’a rien obtenu. Car, l’AGPC s’est accaparé de tout.
Pire encore, plusieurs de ses cadres ont été soit suspendus ou écartés de l’administration : chef de division de la fonction publique, chef d’antenne Mines, administrateur du territoire d’Ango, maire de la ville de Buta qui venait d’être réhabilitée après plusieurs mois… Des décisions qui ont créé de profondes frustrations au sein du parti présidentiel.
« L’AGPC veut effacer l’UDPS du paysage politique provincial. On me reproche de ne pas museler mes combattants, mais je ne suis pas responsable de leurs revendications », martèle le speaker.
Un test de vérité le 7 octobre
La pétition sera examinée le mardi 7 octobre 2025. Simon Tutu se dit « en réflexion » sur la possibilité de se retirer lui-même avant cette date, mais il reste confiant :
« J’ai été élu président par mes collègues. S’ils ne veulent plus de moi, nous tirerons les conséquences. »
Il rappelle enfin qu’il demeure député élu du territoire de Poko et qu’il continuera à défendre son mandat « au nom du peuple ».
