À l’ère de l’auto-emploi, Gradi-Jeunes place les jeunes Boyomais face au défi d’entreprendre

Redaction
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« La jeunesse à l’ère de l’entrepreneuriat : pourquoi et comment entreprendre ? » C’est autour de ce thème stratégique qu’une conférence-débat s’est tenue mercredi 11 février 2026 à Kisangani, dans la salle de GRADI Jeunes, mobilisant des dizaines de jeunes Boyomais décidés à prendre en main leur avenir économique.
À l’heure où l’accès à l’emploi salarié demeure un défi majeur pour de nombreux diplômés, la question de l’entrepreneuriat s’impose comme une alternative crédible. C’est dans cette perspective que Tiny Kadima, Administrateur Manager de BIM-Consell et point focal provincial du Fonds pour l’inclusion financière en RDC, a animé une conférence-débat axée sur l’esprit entrepreneurial.
Organisée par le Groupe de Réflexion et d’Actions pour le Développement Integral des jeunes, en sigle GRADI Jeunes, cette rencontre visait à sensibiliser la jeunesse boyomaise à l’importance de créer ses propres opportunités plutôt que d’attendre hypothétiquement un emploi public ou privé.
Entreprendre : une nécessité, pas un effet de mode
Dans son exposé structuré et pédagogique, Tiny Kadima a rappelé que l’entrepreneuriat n’est pas une aventure improvisée, mais un processus réfléchi qui commence par un changement de mentalité.
« Entreprendre, c’est d’abord identifier un problème dans la société et proposer une solution viable », a-t-il expliqué.
Pour l’orateur, trois raisons majeures justifient aujourd’hui l’engagement des jeunes dans l’entrepreneuriat :
la rareté des emplois formels ;
la nécessité de créer de la richesse localement ;
le besoin d’autonomie financière et décisionnelle.
Il a insisté sur l’idée que l’entrepreneuriat est un levier de transformation sociale, capable de réduire la dépendance économique et de stimuler le développement communautaire.
Les étapes pour devenir entrepreneur
Répondant à la question centrale du « comment entreprendre? », l’intervenant a détaillé plusieurs étapes essentielles :
Identifier une opportunité réelle en analysant les besoins du marché local ;
Élaborer un plan d’affaires structuré, incluant étude de marché, stratégie marketing et projections financières ;
Rechercher des financements adaptés, notamment à travers les mécanismes d’inclusion financière ;
Formaliser son activité pour bénéficier d’un cadre légal sécurisé ;
Développer la résilience, qualité indispensable face aux difficultés initiales.
Tiny Kadima a particulièrement insisté sur la discipline financière et la gestion rigoureuse des ressources, deux éléments qui, selon lui, distinguent un simple projet d’une entreprise durable.

Hommage à une vision éducative
Évoquant l’historique du Groupe de Réflexion et d’Action pour le Développement Integral des Jeunes, l’orateur a salué la mémoire de Zenon Sendeke, initiateur de GRADI Jeunes. Il a rappelé que cette structure a été créée pour encadrer les jeunes et leur offrir une vision claire d’épanouissement dans la société.

Une jeunesse mobilisée
Plusieurs jeunes issus d’associations sans but lucratif ont pris part à cette activité interactive, marquée par des échanges nourris et des questions pratiques sur l’accès au financement, la gestion des risques et l’innovation locale.
Au-delà des discours, cette conférence-débat aura eu le mérite de replacer l’entrepreneuriat au cœur des préoccupations de la jeunesse boyomaise. Dans une ville où les défis socio-économiques sont palpables, l’appel à l’audace entrepreneuriale résonne comme une invitation à passer de l’attente à l’action.

Reportage : Stéphanie NASIBU, Venancie BITANGILI et Elie LENGE.