Kisangani, 21 octobre 2025 — Une quarantaine d’enseignants de l’Institut Facultaire des Sciences Agronomiques de Yangambi (IFA YANGAMBI) ont pris part, ce lundi, à une séance de restitution sur la pédagogie active organisée par l’équipe pédagogique de l’institution. L’activité s’inscrit dans le cadre du processus de capacitation du personnel enseignant au nouveau système Licence-Master-Doctorat (LMD), et s’est tenue dans la salle de l’École Doctorale de l’IFA YANGAMBI.

Cette restitution fait suite à une mission académique effectuée par une équipe d’enseignants de l’IFA Yangambi en Europe et dans plusieurs pays africains, visant à s’imprégner des innovations pédagogiques adaptées aux exigences du système LMD. L’objectif : intégrer au sein de l’institution des approches éducatives modernes, cohérentes avec les réalités locales et les attentes des acteurs du territoire.
Des exposés riches autour de la pédagogie active
Trois enseignants ont partagé leurs expériences à travers des communications thématiques.
Le Professeur Docteur Ingénieur Jean-Pierre Pitshou Meniko To Hulu a ouvert la série avec un exposé intitulé « Pédagogie active, impacts et enjeux des outils de l’IA générative en éducation ».
Selon lui, la pédagogie active repose sur des principes fondamentaux : l’apprentissage par l’expérience, le travail collaboratif, la résolution de problèmes et la réalisation de projets. Contrairement à l’enseignement magistral centré sur la transmission des connaissances, la pédagogie active vise à rendre l’étudiant acteur de son propre apprentissage.

Le professeur Meniko a toutefois souligné le retard des institutions congolaises par rapport à celles d’Europe et d’Afrique en matière d’intégration des outils pédagogiques innovants. S’agissant de l’intelligence artificielle, il a recommandé une utilisation critique et accompagnée afin de corriger les failles possibles, plaidant pour une sensibilisation accrue des enseignants à ces nouvelles technologies éducatives.
Migration vers le système LMD et défis logistiques
Le Professeur Dawiya Nzawele Benjamin a, quant à lui, abordé la question de la migration de l’ancien système vers le système LMD.
Il a mis en exergue les opportunités qu’offre ce modèle : acquisition des équipements NTIC, renforcement des capacités numériques, et cours plus interactifs grâce à la pédagogie active et aux supports technologiques. Néanmoins, il a rappelé que ces innovations nécessitent des moyens conséquents, appelant à un lobbying auprès des autorités pour doter les institutions des ressources nécessaires.
Le stage dans le système LMD : vers une meilleure organisation
Enfin, la Professeure Nathalie Ngalya Benge a présenté une communication sur le stage dans le système LMD. Elle a expliqué que, dans les pays européens, le stage obéit à une planification rigoureuse : choix du lieu par l’étudiant, désignation d’un promoteur, signature d’une convention tripartite (institution, entreprise et étudiant), et évaluation conjointe avec le maître de stage.
Ces pratiques, selon elle, contrastent avec la réalité observée dans la plupart des institutions congolaises, où les stages manquent souvent de préparation et d’encadrement adéquats. Elle a plaidé pour une réforme structurelle de cette phase cruciale de la formation.
Une restitution saluée par les enseignants
Les participants, principalement des enseignants de l’IFA Yangambi, ont salué la qualité des échanges et ont exprimé leur volonté de bénéficier de formations continues afin d’harmoniser leurs pratiques pédagogiques avec les standards internationaux.

La séance s’est clôturée sous la présidence du Recteur de l’IFA YANGAMBI, le Professeur Albert Okungo Lotokola, qui a encouragé les enseignants à poursuivre cette dynamique de modernisation et d’ouverture pédagogique.
VTL
