Yangambi : D’où vient la vague des chaleurs ? La tour à flux serait -elle sabotée ? Le DCR de l’INERA Dieumerci ASSUMANI fixe l’opinion

Redaction
3k Views

Plusieurs habitants de la province de la Tshopo attribuent la vague des chaleurs actuelles à la présence à Yangambi de la tour à flux et cette rumeur prend des proportions inquiétantes.
Pour couper court, le directeur de centre de recherche à l’institut national de recherche et d’etude agronomiques, INERA Yangambi fait une mise au point où il explique ce qu’est la tour à flux de Yangambi et son utilité scientifique.

Origine de la chaleur

Dans une interview exclusive accordée à la presse à Yangambi, ingénieur Dieumerci ASSUMANI Angbonda fixe d’abord les esprits sur l’origine de la chaleur.
La terre est entourée par une couche appelée l’atmosphère. Et cette atmosphère est nourrie par un certain nombre des gaz issus des activités humaines  notamment l’agriculture itinérante sur brûlis, la déforestation, l’urbanisation, la montée de la démographie, ce sont les facteurs qui font qu’il y ait un certain nombre de gaz à savoir le dioxyde de carbone, le gaz metane et plusieurs autres gaz qui sont émis au niveau de l’atmosphère et qui arrivent à détruire l’étanchéité de l’atmosphère faisant qu’il y ait plus de réchauffement au niveau de la terre. C’est ça l’origine du réchauffement de la terre . Ainsi , les forêts ont la charge de séquestrer ou capter ces gaz qui sont émis au niveau de l’atmosphère et perturbent le climat, augmentent la température, des vagues de chaleur et des inondations dans d’autres milieux.

Le rôle de la tour à flux de Yangambi

Répondant à la question de la presse sur
la tour à flux de Yangambi, le DCR de l’INERA Dieu merci ASUMANI declare qu’elle n’est pas à l’origine des perturbations climatiques actuelles dans la région. Au contraire, elle contribue à mieux comprendre ces phénomènes.

La tour à flux appartient à l’INERA et est exploitée conjointement par l’INERA et l’Université de Gand.
Le rôle de cette infrastructure est purement scientifique.
Elle permet à mieux comprendre le rôle crucial des forêts de la RDC dans la lutte contre le changement climatique. C.à.d : quantifier les échanges gazeux entre l’atmosphère et
L’effet de serre, lié aux activités humaines, qui a déjà provoqué une augmentation de la température de 1,1°C environ par rapport à l’ère pré-industrielle (avant 1850).

Les changements climatiques sont déjà visibles : inondations, vagues de chaleur, et températures extrêmes sont de plus en plus intenses et fréquents.
Il est impératif d’agir vite et de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.
Plus le changement climatique sera important, plus l’équilibre de nos écosystèmes sera menacé.

Ainsi, l’augmentation de la température moyenne de plus de *1,5°* C entraînerait des phénomènes climatiques extrêmes.

En effet, les forêts de la RDC jouent un rôle important pour le climat mondial et régional. Tout d’abord, ces forêts absorbent le CO2 de l’atmosphère et aident ainsi la Terre à rester en deçà des augmentations de température élevées.
En suite, si elles sont préservées ou restaurées, les forêts de la RDC contribueraient à réguler le climat local et à éviter les températures extrêmes et les inondations.
Il est donc de la plus haute importance que de jeunes scientifiques congolais mènent des recherches dans ce domaine afin de mieux comprendre ces fonctions forestières.
Ce n’est qu’à partir de ces faits que des décisions politiques correctes peuvent être prises pour maintenir des paysages multifonctionnels durables dans lesquels les forêts sont protégées et la production alimentaire améliorée.
Ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible de maintenir des moyens de subsistance durables.

Quant à la rumeur selon laquelle la tour à flux serait déjà sabotée par les jeunes de Yangambi, le DCR de l’INERA Dieu merci ASUMANI dément de la manière formelle et affirme qu’il s’agit tout simplement de simples manipulations de l’opinion publique. La tour à flux est bel et bien en place.
Suite aux folles rumeurs , l’INERA a pris toutes les dispositions nécessaires pour sécuriser la tour à flux même au niveau de parc solaire.
Enfin, Ingénieur Dieu merci ASUMANI lance un vibrant appel :  » Jvouse  invite à une prise de conscience tout en évitant de tomber sous les coups des rumeurs.
Tous protégeons ensemble les forêts de RDC et cet outil de grande importance scientifique qui est la tour à flux de Yangambi.
Dans toute l’Afrique centrale, la tour à flux ne se trouve qu’en RDC et précisément à Yangambi, conclut-il.

Juste avant la publication de cet article, la rédaction de dépêches de la Tshopo a joint au téléphone un confrère journaliste de Yangambi pour savoir la situation sur le terrain. Lui aussi s’étonne de tout ce qui se raconte dans les réseaux sociaux. Et pourtant, sur le terrain, tout est calme.

FROK