Kisangani – Commune de Makiso, quartier commercial, 2h00 du matin. Un acte de banditisme d’une violence inouïe a secoué la quiétude des habitants dans la nuit du lundi à mardi, lorsqu’un groupe de cinq hommes armés a pris d’assaut l’immeuble Dipilanga, situé sur le boulevard Mobutu, au niveau de Kilima Bahidi, non loin de l’université de CEPROMAD.
Selon les témoignages recueillis sur place, les malfaiteurs ont débuté leur opération par la première porte du bâtiment, où réside une veuve sourde-muette et ses filles. Ces inciviques, visiblement bien informés ou cherchant une cible précise, ont exigé de l’argent, en lançant en lingala : « Bopesa biso mbongo ya Frivao » — autrement dit, « Donnez l’argent du FRIVAO » — tout en mentionnant le nom d’un certain Élie, qui serait selon eux le bénéficiaire supposé. Face à l’incompréhension des victimes, qui ont nié connaître un quelconque Élie, les assaillants ont fouillé leurs effets personnels.
Ne trouvant aucun argent liquide, les malfaiteurs ont tenté de s’en prendre physiquement à l’une des filles, allant jusqu’à la déshabiller dans une tentative de viol. Par miracle, ou peut-être interrompus, ils n’ont pas pu commettre l’irréparable. Ils se sont finalement contentés d’emporter le téléphone portable de la jeune fille avant de s’attaquer à la deuxième cible de l’immeuble.
La deuxième porte menait à l’habitation d’un mécanicien bien connu dans le quartier, Là, les voleurs ont opéré sans retenue : ils ont raflé deux téléphones Android, une power bank, et une somme importante d’argent estimée à 3.500.000 francs congolais (CDF) soigneusement rangée, ainsi que 85.000 CDF qu’il gardait dans sa poche. Pour couvrir leur fuite ou intimider davantage, les bandits ont tiré plusieurs coups de feu en l’air avant de disparaître dans la nuit.
L’arrivée de la police nationale congolaise a été tardive, ne permettant ni une interpellation immédiate des assaillants, ni une poursuite à chaud. Les victimes, encore sous le choc, appellent à une meilleure réactivité des forces de sécurité et à une patrouille régulière dans ce secteur devenu de plus en plus vulnérable à l’insécurité nocturne.
