Dans son bureau de Kisangani, le député provincial Aimé EYANE KENGE TOLOMBO s’est exprimé devant la presse boyomaise dans l’après-midi de ce vendredi 27 juin 2025. L’objectif de cette conférence : éclairer l’opinion publique sur les raisons qui l’ont poussé à introduire une motion incidentielle ayant bloqué la question orale avec débat de son collègue Emmanuel Makoka Molokabonge Abongato, adressée au gouverneur de province, Paulin Lendongolia Lebabonga, le mercredi 25 juin 2025.
Selon le député provincial, de nombreuses contre-vérités ont été véhiculées à son encontre, au point de susciter sa diabolisation dans une partie de l’opinion publique.
D’entrée de jeu, il affirme que cette question orale aurait dû être déclarée irrecevable par le bureau, car elle portait sur des sujets déjà en cours d’instruction par des commissions mises en place par le président de l’Assemblée provinciale. « Pour les mêmes faits, on ne peut juger une personne deux fois », a-t-il martelé.
Il explique que le président de l’Assemblée provinciale avait déjà signé les ordres de mission, et que les députés membres des commissions sont actuellement en activité sur le terrain. Il cite, entre autres, la commission chargée de la modernisation du stade Lumumba, celle sur la réhabilitation de la RN4, et celle enquêtant sur les finances de la province. Or, alors que ces structures travaillent encore, une question orale avec débat portant sur les mêmes matières a été introduite.
Se référant à l’article 165 du règlement intérieur de l’Assemblée provinciale, le député rappelle : « Sous peine d’irrecevabilité, la question orale ou écrite ne peut contenir des attaques, des imputations personnelles, des injures ou propos malveillants à l’égard des personnes questionnées ou des tiers, ni avoir le même objet que celui d’un débat en cours ou à venir. »
Il estime qu’il fallait donc retirer cette question de l’ordre du jour, le temps de permettre aux commissions de finaliser leurs enquêtes et de présenter leurs rapports en plénière. « Amender signifie ajouter, soustraire ou reformuler, pas ignorer les procédures », a-t-il précisé. Il rappelle que ces commissions ont été mises en place il y a environ trois semaines. « Nous ne nous opposons pas au contrôle de l’exécutif, mais ce contrôle doit s’exercer dans le respect des textes. »
Interrogé sur les rumeurs évoquant une prétendue pétition en vue de renverser les membres du bureau de l’Assemblée provinciale, le député d’Opala est catégorique : « Moi, je ne sais rien de cela. Je n’ai signé aucun document. À ma connaissance, il n’y a pas de pétition. »
Quant à sa relation avec le président de l’Assemblée provinciale, le docteur Mateus Kanga, certains l’accusent de nourrir des ambitions à ce poste après l’avoir perdu lors de l’élection. Il balaie ces allégations : « Non, ce sont des choses du passé. L’honorable docteur Mateus est mon président, mon confrère, un médecin comme moi. Nous collaborons très bien. Il me consulte régulièrement. »
« J’ai mes propres responsabilités en dehors de mon mandat de député. Je ne vois pas pourquoi je chercherais à devenir président et abandonner l’association que je dirige au quotidien. Ce sont des spéculations. »
Il poursuit : « Hier encore, il est venu me voir dans mon bureau, nous avons échangé ici même, de 10h à 11h50, pour évaluer la situation de la province. Nous parlons librement, sans langue de bois. Il n’y a aucun différend entre nous. C’est même lui qui a quitté sa maison pour venir me voir. Cela prouve qu’il n’a aucun préjugé envers moi. Je suis toujours sincère dans mes démarches. »
Enfin, l’honorable Aimé EYANE a rejeté en bloc les accusations de corruption portées par leur collègue auteur de la question orale avec débat.
