Depuis 2015, les malades d’origine zoonotique font l’objet des recherches à l’université de Kisangani. Les recherches sont menées par le Centre de Surveillance de la Biodiversité qui a effectué des missions de la biosurveillance d’Ebola à Likati dans le Bas-Uele et sur le Monkeypox dans la province du Maniema.
Les études démontrent que :
– Les maladies zoonotiques sont endémiques des régions forestières comme la Tshopo où le gibier est la source principale de protéine animale pour les populations ;
– les réservoirs de zoonoses sont particulièrement les écureuils, les singes, les chauves-souris ;
– les contacts homme – forêt, homme – faune sauvage favorisent la circulation des maladies zoonotiques ;
– la circulation des maladies dûes au contact animaux domestiques – animaux sauvages sont là conséquence directe des contacts précités.
Au cours de la conférence de crise et d’urgence sur l’émergence et la reemergence des maladies zoonotiques en RDC: Cas de Mpox, conférence tenue mardi 29 octobre 2024 en la salle des réunions du CSB/ UNIKIS, les participants analysent la persistance de l’épidémie de Monkeypox au pays de Lumumba.
Il a été question au cours de cette conférence scientifique organisée par le Centre de Surveillance de la Biodiversité de l’université de Kisangani, de partager les connaissances sur les réservoirs des maladies zoonotiques, leur prévention, leur contrôle et leur prise en charge ; discuter des aspects socio-anthropologiques du changement climatique et du rôle de la biodiversité dans l’émergence ou reemergence des épidémies d’origine zoonotique; énumérer les principales difficultés rencontrées par les praticiens en clinique et enfin élaborer une feuille de route à l’attention des parties prenantes.

Ainsi, le professeur Dadi FALAY de la faculté de médecine et pharmacie a entretenu l’assistance sur la thématique : Épidémiologie et clinique du Mpox dans la province de la Tshopo : Quelles leçons ?
Le professeur Guy- Crispin GEMBU de la faculté des sciences s’est appesanti sur le rôle de la faune sauvage dans l’émergence des malades infectieuses : exemple de Mpox.
De son côté, le professeur Pionus KATUALA toujours de la faculté des sciences a parlé des interactions Humains-petits mammifères sauvages et transmission de maladies émergentes : Focus sur le Mpox.
Enfin, le professeur KIMONI Kicha de la faculté des sciences sociales, administratives et politiques a développé une thématique captivante à savoir Les représentations sociales des maladies et leurs ripostes dans les contextes socioculturels locaux. Approche anthropologique.

Abordé par la presse, le professeur Daddi FALAY affirme que l’OMS a déclaré le MPOX comme une urgence sanitaire mondiale. Étant donné que la province de la Tshopo est un foyer de la maladie, il a semblé utile d’organiser au niveau de la faculté des sciences de l’université de Kisangani une conférence pour faire une mise au point de la situation en province.
Depuis l’identification du premier cas de la maladie dans la province de la Tshuapa en 1970 jusqu’à ce jour, la RDC reste l’épicentre de la maladie. Car, 95% de tous les cas identifiés à travers le monde, c’est chez nous en RDC.Actuellement toutes les 23 zones de santé de la province de la Tshopo sont affectées par l’épidémie avec plus de 1000 cas notifiés à la différence qu’il y a des zones de santé plus affectées que d’autres.
Concernant les orateurs venus de différents domaines d’études, le professeur Daddi FALAY précise que L’approche d’un problème de santé doit être multidisciplinaire. C’est-à-dire pour comprendre un problème de santé, il ne suffit pas de connaître les phénomènes qui sont en rapport avec l’être humain ou sa santé personnelle. Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte pour comprendre un phénomène de santé à savoir la santé de l’individu, son environnement mais aussi le comportement. Voilà les orateurs sont constitués des experts qui s’occupent de la santé humaine, ceux qui s’occupent des phénomènes environnementaux liés aux animaux, mais aussi ceux qui s’occupent du comportement de l’être humain en rapport avec son environnement ( les anthropologues)
Il convient de noter que les participants sont venus des services techniques de prestation sanitaire, des services étatiques, des médias, des établissements de l’enseignement supérieur et universitaire, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile notamment des vendeuses de viande au marché central de Kisangani et des représentants des populations riveraines des forêts.
Le secrétaire général en charge de la recherche de l’université de Kisangani, le professeur Gaspard BOLEMA a rehaussé de sa présence ladite conférence scientifique.
FROK
