Ituri : plus de 200 camions de carburant bloqués, l’insécurité fait flamber les prix

Redaction
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Une vive tension pèse depuis deux semaines sur l’approvisionnement en carburant dans le territoire de Mahagi en province de l’ituri où plus de deux cents camions-citernes transportant du carburant sont immobilisés au poste douanier d’Anzida. À l’origine de ce blocage : une grève déclenchée par des chauffeurs étrangers après l’assassinat de l’un des leurs, un ressortissant somalien, sur l’axe routier reliant Nioka à Djugu.
Selon plusieurs sources locales, les transporteurs ont décidé de suspendre toute circulation afin de protester contre l’insécurité persistante sur ce tronçon stratégique pour le transport des produits pétroliers. Les grévistes exigent des garanties sécuritaires avant de reprendre la route, estimant que la protection des conducteurs demeure insuffisante dans cette zone marquée par des incidents récurrents.
Face à cette situation susceptible de perturber l’économie locale, l’administrateur militaire du territoire de Mahagi, le colonel Jacques Disanoa, s’est personnellement rendu au poste douanier d’Anzida pour rencontrer les chauffeurs grévistes. Il était accompagné des membres du comité local de sécurité ainsi que de l’inspectrice de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) de Mahagi.
Dans son adresse aux transporteurs, l’autorité territoriale a tenté de calmer les tensions en réaffirmant la détermination des pouvoirs publics à renforcer les dispositifs sécuritaires sur cet axe routier sensible. Le colonel Disanoa a assuré les chauffeurs que des mesures seront prises pour garantir leur sécurité et prévenir de nouveaux incidents.
En attendant une reprise normale du trafic, les répercussions de ce mouvement de grève se font déjà sentir sur le marché local. La rareté du carburant commence à provoquer une flambée des prix. Dans plusieurs stations-service de la région, le litre d’essence, habituellement vendu à environ 3 000 francs congolais, s’échange désormais autour de 4 000 francs, une hausse qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des habitants.
Au-delà de l’impact immédiat sur les consommateurs, cette paralysie du corridor logistique pourrait également affecter les activités commerciales et le transport dans cette partie de la province de l’Ituri Province, où l’approvisionnement en produits pétroliers dépend largement du passage régulier de ces camions-citernes.
La ville de Kisangani, située à plus de 800 kilomètres de Mahagi, est déjà secouée par la crise du carburant depuis dimanche soir.

SEJU