Kisangani : Pont Ngenengene, le cri d’alarme des usagers de la route de Mogbamboli

Redaction
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A une quinzaine de kilomètres de Kisangani, sur l’axe menant vers Mogbamboli, la mobilité des personnes et des biens tourne au calvaire. En cause : l’effondrement du pont Ngengengene, désormais impraticable, qui coupe un corridor essentiel pour l’approvisionnement de la ville.


Sur place, le constat est sans appel. La traversée de la rivière est devenue une opération à haut risque, notamment pour les motocyclistes. Faute d’infrastructure, des jeunes du coin se sont organisés pour porter les motos à bras d’homme d’une rive à l’autre, contre paiement. Le tarif est fixé à 8 000 francs congolais par moto. Les piétons, eux, ne sont pas épargnés : chacun doit débourser 2 000 francs congolais pour franchir l’obstacle.
Au-delà de l’inconfort, c’est toute la chaîne d’approvisionnement de Kisangani qui est fragilisée. Cette route de desserte agricole joue un rôle stratégique dans l’acheminement des denrées vers les marchés urbains : bananes, manioc, riz, sans oublier le charbon de bois. Avec la rupture du pont, les coûts de transport grimpent, les délais s’allongent et les pertes post-récolte s’accentuent, au détriment des producteurs et des consommateurs.

Des agriculteurs aux commerçants, en passant par les transporteurs, tous dénoncent une situation qui perdure et qui menace l’économie locale. « Nous travaillons à perte », confie un cultivateur rencontré sur l’axe. « Entre les frais de traversée et les risques, il devient difficile d’écouler nos produits. »
Face à cette impasse, les usagers lancent un appel pressant aux autorités. Ils demandent la réhabilitation urgente du pont Ngenengene, voire la mise en place d’une solution provisoire pour rétablir la circulation sur cet axe vital.
Dans une province où l’agriculture reste le principal levier économique, l’état des routes de desserte agricole constitue un indicateur clé du développement.

DMM.