Tshopo : l’édit sur la vaccination porté par le Dr Aimé Eyane Kengetolombo adopté en plénière

Redaction
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Réunis en séance plénière ce mardi 21 avril 2026 à Kisangani, les députés provinciaux de la Tshopo ont franchi un cap important dans la lutte contre les maladies évitables. Sous la conduite du président de l’Assemblée provinciale, l’honorable Mateus Kanga Londimo, ils ont adopté la proposition d’édit portant mobilisation des ressources financières en faveur de la vaccination.
Cette initiative parlementaire, portée par le député provincial élu d’Opala, le docteur Aimé Eyane Kengetolombo, s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la couverture vaccinale dans une province confrontée à de multiples défis sanitaires.
Une réponse à une urgence de santé publique
Dans son exposé des motifs, l’initiateur de l’édit a dressé un tableau préoccupant de la situation vaccinale en République démocratique du Congo, et particulièrement dans la Tshopo. La province figure parmi les plus vulnérables, avec plus de 50 000 enfants dits « zéro-dose » en 2025, c’est-à-dire n’ayant reçu aucun vaccin.
Les données issues de l’Enquête Démographique et de Santé 2023-2024 sont tout aussi alarmantes : seuls 6 % des enfants âgés de 12 à 23 mois y sont complètement vaccinés, classant la Tshopo au 21ᵉ rang sur les 26 provinces du pays.
À ces indicateurs préoccupants s’ajoutent des contraintes structurelles majeures : enclavement de certaines zones, insuffisance d’infrastructures sanitaires, difficultés logistiques, réticences socioculturelles, faible sensibilisation des communautés et ruptures fréquentes de stocks de vaccins. Autant de facteurs qui favorisent la circulation du poliovirus et imposent des campagnes de riposte répétées.
Un mécanisme provincial de financement pérenne
Face à cette situation, l’édit adopté vise à instaurer un cadre légal permettant la mobilisation de ressources financières locales pour soutenir durablement les activités de vaccination. L’objectif est clair : réduire la dépendance du système de santé aux financements extérieurs et garantir la continuité du Programme Élargi de Vaccination (PEV).
Le texte prévoit notamment la création d’un Établissement public provincial dédié, dénommé Fonds de Soutien à la Vaccination de la Tshopo (FSV-T). Celui-ci sera chargé de financer l’acquisition des vaccins, d’assurer la distribution jusqu’aux zones les plus reculées et de maintenir la chaîne du froid, essentielle à leur efficacité.
Sur le plan structurel, l’édit s’articule autour de trois chapitres et huit articles, portant respectivement sur les dispositions générales, les sources de financement et les modalités de gestion, ainsi que les dispositions finales.
Une mise en œuvre encadrée
L’opérationnalisation de cet instrument juridique reposera sur un arrêté du gouverneur de province, attendu dans un délai de trois mois après la promulgation de l’édit. Ce texte réglementaire précisera l’organisation, le fonctionnement et la gestion du FSV-T, ainsi que la désignation de ses animateurs.
Dans cette perspective, le député Aimé Eyane Kengetolombo a plaidé pour la mise en place d’une commission mixte réunissant experts de l’Assemblée provinciale et de l’Exécutif provincial. Celle-ci aura pour mission d’affiner les dispositions techniques de l’arrêté d’application.
Un engagement politique renouvelé
Au-delà de sa portée provinciale, cet édit s’inscrit dans les engagements nationaux pris lors du Forum sur la vaccination tenu en 2019 à Kinshasa, où autorités provinciales et nationales avaient réaffirmé leur volonté d’éradiquer la poliomyélite et d’améliorer la couverture vaccinale.
Membre du Réseau des Parlementaires Congolais Acquis à la Vaccination (REPACAV), le député initiateur entend ainsi traduire en actes concrets les engagements politiques pris au plus haut niveau de l’État.
L’adoption de cet édit marque donc une avancée significative dans la gouvernance sanitaire de la Tshopo. Reste désormais à assurer une mise en œuvre efficace pour transformer cette volonté politique en résultats tangibles sur le terrain, au bénéfice des milliers d’enfants encore privés de vaccination.

FROK