L’Assemblée générale de la communauté Yira, tenue ce dimanche à Magambe, a été marquée par la présence d’un hôte de marque : Sa Majesté Roger Anga Ganga Tongolo IV, grand chef de la chefferie Mayogo Mabozo.

Accueilli par le directoire de la communauté Yira d’Isiro, conduit par son président, Monsieur Adonis Kambere, le souverain coutumier a exprimé sa profonde gratitude envers cette communauté, saluant son apport au développement et au rayonnement de sa juridiction.
Dans son intervention, Sa Majesté Tongolo IV a également remercié la communauté Yira pour l’invitation à ces assises et a réaffirmé son engagement à maintenir et renforcer le jumelage entre les deux communautés. Il a toutefois dénoncé la montée de l’insécurité dans la ville d’Isiro, soulignant que plusieurs victimes seraient issues de la communauté Yira. Il a, à cet effet, invité la population à signaler tout mouvement suspect, estimant que l’insécurité constitue un frein majeur au développement.
Prenant la parole à son tour, le président de la communauté Yira d’Isiro, Monsier Adonis Kambere, a salué la sagesse du grand chef Tongolo IV, notamment son plaidoyer en faveur de la cohabitation pacifique entre tous les Congolais ayant choisi Isiro comme lieu de résidence.
Il a réitéré l’engagement de la communauté Yira à accompagner les initiatives de développement intégral et à promouvoir le vivre-ensemble.
Adonis Kambere a par ailleurs dénoncé certaines tentatives de manipulation consistant à attribuer à tort à des membres de sa communauté des actes de vandalisme, dans le but de semer la confusion et d’attiser des tensions intercommunautaires. Dans son propos, il a tenu à préciser que les membres de la communauté Yira sont majoritairement engagés dans des activités de développement, notamment le commerce et l’agro-pastoral.
Un éclairage historique et des pistes de solutions
La rencontre a également été marquée par un exposé sur l’historique de l’installation de la communauté Nande (Yira) à Isiro. Selon les intervenants, cette présence remonterait aux années 1932, avec l’arrivée de trois chauffeurs transportant du matériel destiné à la construction du chemin de fer de l’Uélé.
Plusieurs vagues migratoires ont ensuite été enregistrées : entre 1954 et 1960, de 1965 à 1980, de 1996 à 2000, et enfin une vague récente allant de 2020 à 2026, qualifiée de « nouvelle génération ».
Les participants ont également identifié les principales sources de conflits communautaires, notamment les différends familiaux (liés à l’héritage, au divorce ou à la jalousie), la pauvreté, l’infidélité, la corruption, l’injustice, ainsi que des facteurs culturels tels que la profanation des cimetières ou l’exclusion sociale. Les comportements individuels, comme l’orgueil, l’intolérance et les divergences politiques, ont également été évoqués.
Face à ces défis, les deux communautés ont convenu de mettre en place un cadre permanent de résolution pacifique des conflits. Cette initiative vise à consolider le vivre-ensemble et à stimuler le développement à travers des projets communs.
La rencontre s’est clôturée dans une ambiance conviviale, autour d’un repas traditionnel de la cuisine Yira.
Obama Kassoro
