Buta, 23 septembre 2025 – Ce mardi marque un tournant symbolique dans la vie de Jean-Marie Epekana. Né à Buta, le 23 septembre 1971, à l’hôpital général de référence Sodibat, l’acteur social et président provincial des droits humains dans le Bas-Uele, célèbre son 54ᵉ anniversaire. Plus qu’une simple commémoration, cette journée est pour lui une méditation, un moment de reconnaissance et de transmission d’expériences à la jeune génération.
Gradué en anglais-culture africaine à l’ISP et président honoraire de la société civile forces vives du Bas-Uele, M. Epekana s’est confié à depechesdelatshopo.com dans un entretien exclusif, dressant le bilan de son parcours, de ses combats et de sa vision pour l’avenir de sa province.
« Je me sens au zénith »
« Je me sens au zénith, et surtout que la main de l’Éternel me protège toujours. Mon long parcours à la tête de la société civile du Bas-Uele m’a tellement fait grandir au bon sens », déclare-t-il avec sérénité. Revenant sur les choix marquants de sa vie, il évoque notamment le moment où il a dû abandonner les études pour les affaires, avant de décider de reprendre le chemin académique : « Aujourd’hui, je garde précieusement cette décision, car elle m’a permis d’obtenir un grade académique. »
Un engagement citoyen marqué par le défi des valeurs
À la présidence de la société civile, son combat majeur fut d’imposer la valeur de la personne humaine aux gouvernants et de redorer le blason de cette structure auprès de la communauté. Discipline, respect, objectivité, maîtrise de soi et bon sens furent les principes qui ont guidé ses actions.
Cependant, il regrette que le recul du pays et la pauvreté aient fragilisé les dynamiques citoyennes. « La population est séduite par la politique, et cette dernière l’utilise par ruse. Toute initiative sociale est vite anéantie par l’argent. Aujourd’hui, tout mouvement citoyen est exposé aux infiltrations », analyse-t-il avec amertume.

La société civile en perte de repères
Selon lui, la société civile du Bas-Uele peine désormais à conserver son indépendance et sa force d’interpellation : « Les réunions qui autrefois réunissaient des centaines de membres n’en comptent plus qu’une dizaine. Beaucoup ont basculé dans la politique. »
Pour autant, il reconnaît une amélioration relative de la gouvernance locale depuis son départ, avec un certain sens de redevabilité et une franche collaboration entre institutions.
Leçons pour la jeunesse et vœu pour l’avenir
Aux jeunes militants, Jean-Marie Epekana recommande la lucidité : « On ne devient pas millionnaire avec l’argent des politiques. La jeunesse doit se focaliser sur l’entrepreneuriat et maintenir un engagement citoyen constant. »
Son vœu pour l’avenir du Bas-Uele est clair : « Que la province soit connectée à ses sœurs. L’Amérique est devenue grande grâce à ses routes. Nous devons investir dans les infrastructures pour désenclaver le Bas-Uele. »
Un militantisme marqué par des actions fortes
Sous sa présidence, la société civile n’a pas hésité à user de moyens démocratiques pour se faire entendre. Sit-in, marches, villes mortes, concerts de casseroles, incivisme fiscal… autant d’actions citoyennes qui avaient contribué à l’interpellation et à la déchéance d’un gouverneur accusé de mauvaise gestion. « Nous avions décidé de manifester démocratiquement pour imposer la redevabilité », rappelle-t-il.
Un message d’espoir
Alors que cette journée d’anniversaire sera célébrée dans la méditation, Jean-Marie Epekana adresse un message à tous ceux qui lui témoigneront leur soutien :
« Que le Seigneur me garde, qu’il bénisse la province, nos autorités ainsi que toute la population. »
À 54 ans, l’homme se tient encore comme une vigie, un repère moral pour le Bas-Uele, où sa voix continue de porter l’écho des droits humains et de l’engagement citoyen.
FROK
