À Kisangani, la controverse autour du fonctionnement du FRIVAO continue d’alimenter le débat public. Cette fois-ci, c’est le Collectif des organisations des droits humains et d’éducation civique de la ville de Kisangani qui monte au créneau pour dénoncer les déclarations de l’ancien député provincial Soleil Mosindo Ngazi visant Dismas Kitenge Senga, actuel président du Conseil d’administration ad intérim du FRIVAO.
Dans une mise au point rendue publique mercredi 21 mai, le Collectif se dit « bouleversé » par des propos jugés « désobligeants et décousus », relayés sur les réseaux sociaux par Soleil Mosindo Ngazi. Selon cette structure regroupant quinze organisations de défense des droits humains, ces déclarations sont de nature à troubler l’opinion publique au moment où les attentes des victimes des guerres de Kisangani restent focalisées sur l’aboutissement du dossier FRIVAO devant la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe.
Le Collectif reproche notamment à Soleil Mosindo d’avoir qualifié Dismas Kitenge « d’ignorant » dans la gestion des dossiers liés à cet établissement public chargé de l’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo. Plus grave encore, poursuit le communiqué, l’ancien élu provincial aurait laissé entendre que l’actuel PCA ad intérim serait à la base des désordres observés au sein du FRIVAO ainsi que dans certaines associations des victimes.
Pour les organisations signataires, ces accusations constituent une tentative de discrédit contre un acteur engagé depuis plusieurs décennies dans la défense des droits humains. Elles rappellent que leurs structures documentent les violations des droits humains depuis les années 1990 à Kisangani, dans l’ex-Grande Orientale et même au-delà des frontières nationales, affirmant ainsi que leur crédibilité « n’est plus à démontrer ».
Le Collectif estime également que si Soleil Mosindo détenait des informations susceptibles d’éclairer davantage la justice dans le traitement du dossier FRIVAO, celles-ci devraient être transmises aux instances compétentes plutôt que diffusées sur les réseaux sociaux sous forme d’attaques personnelles.
Dans un ton particulièrement ferme, les organisations de la société civile préviennent qu’elles se réservent le droit de « passer à la vitesse supérieure » en cas de répétition de ce qu’elles qualifient d’« aberrations ».
Au-delà du Collectif, plusieurs voix se sont également élevées pour défendre Dismas Kitenge. C’est notamment le cas d’Atex Atembone, qui a publié une longue réaction rappelant le parcours de celui qu’il considère comme une figure emblématique de la lutte pour la reconnaissance des victimes des guerres de Kisangani.
Dans son intervention, Atex Atembone rappelle que Dismas Kitenge, membre du Groupe Lotus, faisait partie des premiers défenseurs des droits humains à documenter les atrocités commises lors des guerres dites de « six jours » et de « deux jours » entre armées ougandaise et rwandaise à Kisangani. Il souligne également son implication dans les démarches internationales ayant conduit à l’implication des Nations-Unies dans le dossier des victimes de Kisangani.
Selon lui, Dismas Kitenge a joué un rôle majeur dans le plaidoyer international ayant abouti à la reconnaissance des préjudices subis par les populations boyomaises et au processus d’indemnisation aujourd’hui en cours à travers le FRIVAO. Atex Atembone évoque même les sacrifices consentis « au risque et péril de sa vie » pour porter la cause des victimes sur la scène internationale.
Joint par la rédaction de depêchesdelatshopo.com, Soleil Mosindo Ngazi rejette toutefois toute intention d’attaque personnelle contre Dismas Kitenge. L’ancien député provincial affirme avoir simplement relayé « ce qui se dit tout bas » autour du fonctionnement du FRIVAO, niant toute volonté de nuire à l’image du PCA ad intérim.
Cette nouvelle passe d’armes intervient dans un contexte particulièrement sensible, alors que les victimes des guerres de Kisangani attendent avec impatience l’évolution du processus d’indemnisation. Elle illustre également les tensions grandissantes autour de la gestion du FRIVAO, devenu au fil des mois un sujet hautement sensible dans l’espace public boyomais.
Voici la mise au point

