Tshopo : Crise ouverte à l’Assemblée provinciale, le député Aimé Eyane charge le président Mateus Kanga

Redaction
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La tension est à son comble au sein de l’Assemblée provinciale de la Tshopo. Depuis le dépôt, mercredi 8 octobre, d’une pétition réclamant la déchéance du président de l’organe délibérant, l’honorable Mateus Kanga Londimo, le climat politique s’est considérablement détérioré surtout après la dernière sortie médiatique du speaker de l’organe délibérant provincial quelques minutes après ce dépôt. Cité nommément par le président Mateus KANGA;  ce vendredi, le député provincial Aimé Eyane, élu d’Opala, est sorti de sa réserve pour dénoncer, avec une rare fermeté, ce qu’il qualifie de dérives verbales et de gestion opaque au sommet de l’institution.

Un silence brisé pour rétablir la vérité

Très remonté contre les déclarations du président de l’Assemblée, qui aurait accusé certains députés de « motivations égoïstes et manipulées », le député Eyane a répliqué sans détour.

« Il a manqué l’occasion de se taire pour prouver sa maturité politique », a-t-il déclaré, visiblement déçu par la sortie médiatique de son président.

Selon lui, de tels propos ternissent l’image de l’Assemblée provinciale et constituent une insulte à l’intelligence et à la dignité de ses membres.

« On ne peut manquer de respect à ceux qui vous ont porté là où vous êtes », a-t-il martelé, rappelant que c’est cette même plénière qui a fait de Mateus Kanga son président.

Dans un ton plus accusateur, Eyane a ajouté une révélation troublante :

« Mais il n’a pas dit combien il reçoit du gouverneur chaque mois comme président ? Ce n’est pas moins de 10 000 dollars », a-t-il insinué, dénonçant une collusion possible entre le bureau de l’Assemblée et l’exécutif provincial.

Des accusations graves et persistantes

Les pétitionnaires reprochent à Mateus Kanga plusieurs faits de gestion jugés irréguliers, dont :

  • le détournement de 200 000 dollars issues de l’indemnisation du FRIVAO ;
  • 50 000 dollars provenant des contributions des candidats lors des élections des sénateurs et des gouverneurs et vice-gouverneurs ;
  • ainsi que la mauvaise utilisation des frais de fonctionnement de l’Assemblée provinciale où on retire mensuellement 100 millions de francs congolais sur les 850 millions envoyés par Kinshasa.

Ces allégations, si elles étaient avérées, viendraient ternir davantage l’image d’une institution déjà ébranlée par les rivalités internes et la méfiance croissante entre élus.

« Il n’est plus un activiste, mais un homme d’État »

S’adressant directement à Mateus Kanga, le député Eyane l’a exhorté à adopter une attitude plus conforme à son rang :

« Le président Kanga doit comprendre qu’il n’est plus un activiste de la LUCHA, mais un homme d’État. En tant que chef d’une institution, ses propos doivent être pesés et son attitude empreinte de retenue. Les responsabilités exigent de la hauteur. »

Pour l’élu d’Opala, il n’y a pas un conflit entre l’assemblée provinciale et le gouvernement provincial comme on laisse à l’opinion publique. Mais , c’est un conflit entre deux personnes pour des intérêts propres à eux. Car, il y a peu, la même Lucha évoquait le copinage entre les animateurs de deux institutions quand ils voyageaient ensemble vers l’Occident à la recherche des investisseurs.

Dans un contexte où les tensions politiques menacent la stabilité institutionnelle de la province, l’élu d’Opala plaide pour un retour à la sérénité et au respect mutuel au sein de l’hémicycle.

Vers un tournant politique décisif

La crise actuelle à l’Assemblée provinciale de la Tshopo met en lumière les fractures profondes au sein de la majorité parlementaire et soulève des interrogations sur la gouvernance financière de l’institution.
Entre accusations de détournement, rivalités politiques et perte de confiance, le bras de fer entre le président Mateus Kanga et une  bonne partie des députés, dont Aimé Eyane, risque de redéfinir les équilibres politiques dans la province.

Dans l’attente de la suite de la pétition et d’éventuelles enquêtes, les observateurs appellent à la responsabilité et au dialogue pour éviter que cette crise institutionnelle ne se transforme en une véritable paralysie politique à la tête de la Tshopo.