La Journée internationale des biologistes médicaux et techniciens de laboratoire a été célébrée à Kisangani dans une ambiance à la fois scientifique et réflexive. Initialement prévue le 15 avril, cette commémoration a finalement eu lieu ce samedi 25 avril 2026, pour des raisons d’ordre organisationnel, réunissant les professionnels du secteur autour d’enjeux majeurs de santé publique.
C’est dans la salle des réunions du Guest House Le Mambo, dans la commune de Makiso, que s’est tenue cette activité, sous l’impulsion du Conseil National des Biologistes Médicaux (CNBM) section Tshopo. À cette occasion, son président, Roger Bakumondo Bonde, s’est entretenu avec ses membres autour du thème évocateur : « Intelligence artificielle, innovation en diagnostic, prévention et suivi du patient ».

Dans son allocution, Roger Bakumondo Bonde a rappelé la genèse du CNBM en République démocratique du Congo, une structure née de la volonté des professionnels de contribuer activement au développement du pays, notamment à travers la promotion de la biologie médicale. « Nous célébrons aujourd’hui bien plus qu’une profession. Nous célébrons une science au service de la vie, l’art de transformer un échantillon biologique en une vérité clinique indispensable à la guérison », a-t-il déclaré.
Le président du CNBM Tshopo a insisté sur le rôle stratégique des biologistes médicaux et techniciens de laboratoire dans le système de santé. Selon lui, près de 70 % des décisions médicales – qu’il s’agisse du diagnostic, du traitement, de l’admission ou de la sortie d’un patient – reposent sur les résultats issus des analyses biomédicales. De la détection précoce des maladies chroniques à la gestion des urgences, en passant par la riposte aux pandémies, leur contribution demeure déterminante.
Cette journée a également servi de cadre pour mettre en lumière les évolutions majeures de la profession. Entre biologie moléculaire moderne, intégration de l’intelligence artificielle, développement des biomarqueurs et essor de la biologie délocalisée, les perspectives sont vastes et prometteuses. Toutefois, ces avancées exigent un engagement constant en matière d’éthique, de qualité et de formation continue.

Rendant hommage au dévouement des professionnels du laboratoire, Roger Bakumondo Bonde a salué leur courage et leur sens du sacrifice : « Leurs risques sauvent des vies ». Il les a exhortés à maintenir le cap de l’excellence, à se tenir informés des innovations et à valoriser davantage cette profession souvent méconnue mais essentielle.
Dans un plaidoyer appuyé, il a appelé les autorités sanitaires, politiques et administratives à investir dans la modernisation des laboratoires biomédicaux, en les dotant d’équipements conformes aux standards internationaux, afin de mieux répondre aux attentes de la population.
Présent à cette cérémonie, le représentant du Chef de Division Provinciale de la Santé Tshopo, Dieu Donné Emelemekia Kasaï, a abondé dans le même sens. Il a reconnu le rôle crucial des biologistes médicaux et techniciens de laboratoire dans le rétablissement de la santé communautaire. « Le diagnostic repose sur leur action. Une erreur à ce niveau peut avoir des conséquences graves sur la vie humaine », a-t-il averti.
Il a par ailleurs insisté sur l’importance de la déontologie et du comportement professionnel dans l’exercice de ce métier sensible. « Les biologistes médicaux et les techniciens de laboratoire doivent se respecter et faire preuve d’éthique, car la société a les yeux braqués sur eux », a-t-il conclu.
À Kisangani, cette célébration aura ainsi permis de rappeler que derrière chaque diagnostic fiable se cache un travail rigoureux, discret mais vital, au cœur du système de santé.
VTL
