Insécurité à Isiro : la Société civile du Haut-Uele plaide pour un dialogue social inclusif après trois jours de ville morte

Redaction
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La ville d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uele, vit depuis trois jours au rythme d’une paralysie quasi totale des activités socioéconomiques. À l’origine : des journées « ville morte » décrétées par la population pour dénoncer la recrudescence de l’insécurité devenue préoccupante dans cette partie du pays.

Commerces fermés, circulation réduite et climat de peur généralisé traduisent le ras-le-bol des habitants face à la montée de la criminalité, marquée notamment par des vols à main armée, des incursions nocturnes et d’autres actes de banditisme qui perturbent le quotidien de la population.

Dans une déclaration parvenue à depechesdelatshopo.com, la Société civile Forces vives du Haut-Uele, par la voix de son coordonnateur, l’abbé Georges Semende, appelle à la tenue urgente d’un dialogue social inclusif afin de trouver des solutions durables à cette crise sécuritaire.

Dans son communiqué, cette structure citoyenne reconnaît les efforts entrepris aussi bien par le gouvernement central que par les autorités provinciales pour restaurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Toutefois, elle estime que les résultats sur le terrain demeurent insuffisants face à l’ampleur du phénomène.

Pour répondre à cette crise, la Société civile formule trois principales exigences : l’identification urgente des réseaux criminels ainsi que de leurs complices, le renforcement des capacités opérationnelles des forces de sécurité, ainsi que l’organisation d’un dialogue social inclusif pour redéfinir une nouvelle stratégie de sécurisation communautaire.

Concernant ce dialogue social proposé, la Société civile insiste sur une approche participative partant de la base. Elle recommande que chaque quartier, avenue ou rue désigne dix représentants chargés de documenter les réalités vécues sur le terrain ainsi que les zones d’ombre liées à l’insécurité.

Les chefs de quartiers et responsables locaux devront ensuite assurer la liaison entre cette base populaire et l’administration. À un niveau plus élevé, le maire de la ville, le commissaire provincial de la Police, le commandement des FARDC, l’Assemblée provinciale ainsi que le gouvernement provincial seront appelés à apporter des réponses techniques et politiques aux préoccupations soulevées.

Dans ce schéma, la Synergie des sociétés civiles ainsi que les représentants des confessions religieuses auront pour mission de jouer le rôle de médiateurs et de veiller au suivi rigoureux des résolutions qui seront adoptées.

À travers cette démarche, la Société civile du Haut-Uele espère transformer la colère populaire exprimée dans les rues en un cadre de concertation capable de restaurer durablement la sécurité à Isiro, où la population attend désormais des actions concrètes plutôt que de simples promesses.