22 octobre 2025 –C’est un anniversaire que les habitants du Territoire de Bondo auraient voulu célébrer autrement. Un an, jour pour jour, depuis que la Radio Télévision Uélé (RTU Bondo) a été frappée par la foudre, réduisant au silence l’unique voix communautaire de cette contrée enclavée du Bas-Uélé.
Le 22 octobre 2024 reste gravé dans la mémoire collective : en quelques secondes, les installations techniques de la RTU avaient été anéanties. L’émetteur, les dipôles, le câble principal, la table de mixage, le laptop, les micros, les casques, les panneaux solaires, les batteries et le convertisseur hybride – tout avait été détruit par la décharge électrique. Depuis ce jour, le micro communautaire de Bondo s’est tu.

Une radio communautaire au cœur de la vie locale
Fondée pour donner la parole à la population locale, la RTU Bondo n’était pas qu’un simple média. Elle était le lien vital entre les autorités et les citoyens, la voix des paysans, des femmes, des jeunes, des écoliers et des leaders communautaires.
Grâce à son rayon d’action de près de 200 kilomètres, elle couvrait une grande partie du Territoire, apportant informations, sensibilisations sanitaires, programmes éducatifs, émissions agricoles et messages de cohésion sociale.
Sa disparition brutale a laissé un vide immense dans la vie quotidienne de cette population essentiellement rurale.
Une main tendue du Gouverneur
Mais à l’approche de ce triste anniversaire, l’espoir renaît.
Le jeudi 16 octobre 2025, soit une semaine avant la date du sinistre, le Gouverneur de la province du Bas-Uélé, sensible à la situation, a répondu à l’appel des responsables de la station.
Il a doté la RTU Bondo d’un nouvel émetteur de 600 watts, un geste hautement symbolique qui redonne foi et courage à toute l’équipe.
Ce soutien provincial constitue une première pierre de reconstruction, mais le chemin reste encore long pour un retour complet à l’antenne.
Un appel à la solidarité
Dans un message parvenu à depechesdelatshopo.com, Kusongo Hygin, Directeur de la RTU Bondo, a exprimé sa profonde gratitude au Gouverneur tout en lançant un cri d’alarme à toutes les bonnes volontés :
« La RTU, c’est notre patrimoine commun. Nous appelons toutes les femmes, hommes, filles et fils de bonne volonté à contribuer pour compléter les équipements indispensables à la reprise de nos activités », a-t-il déclaré.
L’appel est clair : sans solidarité, pas de résurrection durable de la voix communautaire de Bondo. Car il reste encore à remplacer la table de mixage, les micros, les batteries, les câbles et d’autres accessoires techniques indispensables à la diffusion.
Un symbole de résilience communautaire
Au-delà de la tragédie technique, l’histoire de la RTU Bondo illustre la fragilité mais aussi la résilience des radios communautaires congolaises, souvent exposées aux intempéries, au manque de financement et aux défis énergétiques.
Mais elle montre aussi la force d’un rêve collectif : celui d’une communication de proximité, faite par et pour la communauté.
