La ville de Kisangani continue de vivre au rythme des attaques nocturnes et des actes d’insécurité récurrents. Dans la nuit du 10 au 11 octobre 2025, le domicile de Maître Zéphyrin Motute Ngiengi, avocat au Barreau de la Tshopo, a été la cible d’une incursion armée. Selon des sources concordantes, des bandits à mains armées ont escaladé la clôture avant de faire irruption dans la parcelle, manifestement avec l’intention d’en finir avec l’homme de loi.
Heureusement, l’avocat n’était pas présent lors de l’attaque. Il se trouvait depuis la veille à Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uélé, pour des raisons professionnelles. Ses proches, encore sous le choc, ont rapporté que les assaillants ont clairement affirmé vouloir « l’éliminer » ou le pousser à quitter le quartier, le qualifiant d’« obstacle à leurs activités criminelles ».
La scène s’est déroulée à quelques mètres seulement du Commissariat de police du Grand Séminaire, soulevant de sérieuses interrogations sur l’efficacité du dispositif sécuritaire dans cette partie de la ville. Les malfrats, après avoir saccagé la maison, ont emporté plusieurs biens de valeur, dont des téléphones portables et des ordinateurs, avant de disparaître dans la nature.
Ce nouvel épisode d’insécurité visant un avocat vient rallonger la liste déjà inquiétante de professionnels du barreau victimes d’attaques similaires à Kisangani. Ces dernières années, Maîtres Jason Shangema, Ursil Lelo, Fiston Bendera et John Otshudi ont, eux aussi, vu leurs domiciles visités par des individus armés. Une situation qui plonge désormais la communauté juridique dans une psychose grandissante et un sentiment d’abandon total.
Face à cette recrudescence d’agressions ciblant les avocats, plusieurs voix s’élèvent au sein du Barreau de la Tshopo pour réclamer une réaction ferme des autorités compétentes. Des appels sont lancés pour que les forces de sécurité renforcent la protection des citoyens, particulièrement celle des défenseurs de la loi, souvent exposés en raison de leurs prises de position dans des dossiers sensibles.
Alors que la ville de Kisangani enregistre une multiplication de cas de cambriolages, de braquages et d’assassinats ciblés, cette attaque vient rappeler, une fois de plus, l’urgence d’une riposte coordonnée contre la criminalité urbaine. Les habitants espèrent voir le gouvernement provincial et les services de sécurité prendre enfin la mesure de la situation avant que la peur ne devienne la norme.
En attendant, l’avocat Zéphyrin Motute Ngiengi échappe de justesse à une mort annoncée, tandis que Kisangani s’enfonce un peu plus dans une spirale d’insécurité inquiétante.
