Foresterie communautaire : la Tshopo partage son modèle avec le Sud-Kivu pour une gestion durable des forêts

Redaction
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La ville de Kisangani a accueilli du 2 au 3 juin 2026 un important échange d’expériences entre les provinces de la Tshopo et du Sud-Kivu autour de la foresterie communautaire, un modèle de gouvernance forestière qui gagne progressivement du terrain en République démocratique du Congo. Cette rencontre a permis aux acteurs du Sud-Kivu de s’imprégner des acquis de la Tshopo, aujourd’hui considérée comme une référence nationale dans ce domaine.


Conduite par le ministre provincial en charge de l’Environnement du Sud-Kivu, Didier Kabi, la délégation sud-kivutienne a effectué une mission de terrain dans les communautés de Bafwapanda et Bélika, situées à environ 211 kilomètres de Kisangani. Cette visite a bénéficié de l’accompagnement technique des organisations Strong Roots et Tropenbos RDC, engagées dans la promotion de la gestion durable des ressources forestières.
Sur place, les visiteurs ont découvert des expériences concrètes mises en œuvre par les communautés locales titulaires des Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL). Les bénéficiaires ont partagé leurs pratiques en matière de gestion participative des forêts ainsi que les activités génératrices de revenus développées au sein des concessions.
Avec 46 CFCL couvrant près de 1,2 million d’hectares, la province de la Tshopo figure parmi les pionnières de la foresterie communautaire en RDC. Ce leadership suscite l’intérêt du Sud-Kivu qui compte déjà 39 concessions communautaires totalisant plus d’un million d’hectares et ambitionne de renforcer leur impact socio-économique.
L’un des points forts de cette mission a été la découverte des initiatives associant conservation forestière et développement économique local. Les projets de cacao et d’apiculture intégrés aux concessions forestières ont particulièrement retenu l’attention de la délégation. Ces activités offrent aux communautés des sources de revenus alternatives tout en réduisant la pression sur les ressources forestières.
Pour le ministre Didier Kabi, l’expérience de la Tshopo constitue une source d’inspiration majeure pour son gouvernement provincial. Il estime que l’adaptation de ce modèle au contexte du Sud-Kivu pourrait améliorer durablement les conditions de vie des populations riveraines des forêts tout en ouvrant des perspectives nouvelles dans le domaine du financement climatique.
« L’objectif est de permettre à nos communautés de tirer davantage profit de leurs ressources naturelles tout en préservant les écosystèmes forestiers. À terme, cela pourrait également positionner notre province parmi celles éligibles aux mécanismes de crédit carbone », a-t-il indiqué au terme de la visite.


Les échanges ont également mis en lumière la nécessité d’un accompagnement continu des communautés après l’octroi des titres de concessions. Une préoccupation partagée par le professeur Alphonse Maindo Monga Ngonga de Tropenbos RDC, qui considère que la réussite de la foresterie communautaire repose avant tout sur la mise en œuvre effective de projets de développement capables de transformer les titres fonciers en opportunités économiques concrètes.
Au-delà du partage d’expériences, cette rencontre marque une étape importante dans le renforcement de la coopération interprovinciale en matière de gouvernance forestière. Face aux défis de la déforestation et du développement rural, la Tshopo et le Sud-Kivu affichent désormais une vision commune : faire de la foresterie communautaire un véritable moteur de développement durable, de création de richesses locales et de préservation du patrimoine forestier congolais.

Par Gérard Mulende Omar.