La Route Nationale numéro 4 (RN4), reliant Kisangani à Beni, continue de se détériorer dans un silence presque complice des autorités compétentes. Ces derniers jours, les tronçons compris entre le point kilométrique 62 (PK62) et PK65 sont devenus de véritables pièges pour les automobilistes. Une cinquantaine de véhicules y sont actuellement bloqués, certains depuis plusieurs jours, entre ceux en partance et ceux en provenance.
La situation est d’autant plus dramatique au PK130, où un camion-remorque transportant une cargaison importante s’est renversé, obstruant totalement le passage. Aucun dispositif de secours n’a été dépêché sur place jusqu’à présent, laissant les conducteurs et passagers livrés à eux-mêmes.
Les conséquences économiques ne tardent pas à se faire sentir. Des tonnes de produits vivriers — choux-fleurs, oignons, carottes, pommes de terre — pourrissent dans les camions immobilisés, accentuant la souffrance des commerçants et menaçant l’approvisionnement des marchés locaux.
Pourtant, les usagers de cette route, classée d’intérêt national, ne cessent de remplir leurs obligations fiscales. À chaque passage, ils s’acquittent des taxes au profit du Fonds National d’Entretien Routier (FONER). Une contribution qui, malheureusement, ne semble pas se traduire par une amélioration tangible de l’infrastructure.
Face à cette détresse, les voix s’élèvent. « Nous lançons un SOS aux autorités compétentes. Il est urgent de réhabiliter cette route vitale », plaide un chauffeur embourbé, visiblement épuisé. « Nous ne pouvons plus continuer à risquer nos vies et nos investissements dans un silence coupable. »
Outre les tronçons de PK62 à PK65 et PK130, d’autres points noirs ont été identifiés sur cette artère cruciale : le PK118, la traversée de la réserve d’Epulu, ainsi que l’entrée de la cité de Komanda. Des zones devenues synonymes de calvaire pour tous ceux qui empruntent la RN4.
Alors que la saison des pluies complique davantage les déplacements, les appels à l’action se multiplient. Le gouvernement est plus que jamais interpellé. Il y va de la sécurité, de l’économie locale et de la dignité des citoyens.
