Le verdict des urnes est tombé à Lusambo. Maître Jules Lodi Emongo a été élu gouverneur de la province du Sankuru à l’issue du scrutin organisé ce mercredi 15 avril 2026. Il sera épaulé par Charles Motomoke, désormais vice-gouverneur.
Dans une configuration politique sans surprise, le candidat indépendant soutenu par l’Union sacrée de la nation s’est imposé avec 15 voix sur les 25 députés provinciaux votants. En face, le ticket porté par l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS/Tshisekedi) n’a recueilli que 10 voix, confirmant ainsi un rapport de forces déjà perceptible lors de la campagne.
Ce retour aux affaires marque une nouvelle étape dans le parcours politique de Jules Lodi Emongo, qui n’est pas un novice dans la gestion de la province. Gouverneur du Sankuru entre 2022 et 2024, avant d’être élu sénateur, il succède aujourd’hui à Victor Kitenge, destitué par l’Assemblée provinciale. Une alternance qui ressemble davantage à un retour stratégique qu’à une rupture.
Sur le terrain, selon des témoignages recueillis à Lusambo, le candidat victorieux avait axé sa campagne sur une promesse forte : revenir « en homme nouveau », déterminé à corriger les erreurs de son premier mandat. Un discours qui semble avoir trouvé un écho favorable auprès des élus provinciaux, visiblement convaincus par une logique pragmatique résumée par un adage populaire : « mieux vaut un diable que l’on connaît qu’un ange que l’on ne connaît pas ».
Mais au-delà des équilibres politiques, c’est bien l’urgence du développement qui s’impose comme le véritable enjeu de ce nouveau mandat. Depuis le démembrement territorial de 2015, le Sankuru – terre natale de Patrice Emery Lumumba – peine à décoller. Les déficits en infrastructures de base restent criants : routes impraticables, accès limité à l’eau potable, insuffisance d’écoles et d’hôpitaux, déficit chronique en électricité.
Face à ce tableau préoccupant, le nouveau chef de l’exécutif provincial ne pourra se contenter de promesses. Il est attendu sur des résultats concrets, d’autant plus qu’il connaît déjà les rouages administratifs et les défis structurels de la province.
En choisissant Jules Lodi Emongo, les députés provinciaux ont fait le pari de l’expérience. Reste à savoir si ce retour aux commandes se traduira, enfin, par un véritable décollage du Sankuru.
Rédaction
