Dans un contexte marqué par une sensibilité croissante autour de la gestion des déplacés internes, le bourgmestre de la commune de Kisangani, M. Jupson Bokendi Liele Popolipo, a tenu à affirmer fermement l’autorité de son administration. Lors d’une causerie morale tenue ce lundi devant le bâtiment administratif communal, en présence de son adjoint, M. Mathieu Saidi Kakolongo, le bourgmestre a rappelé, d’un ton ferme, les principes de gouvernance qui doivent régir toute intervention dans le site de Kongakonga, refuge provisoire des victimes du conflit communautaire Mbole-Lengola.

Le message est clair : aucune organisation ni individu n’est autorisé à mener une quelconque activité sur ce site sans l’aval préalable des autorités de la commune. Une directive qui vise, selon lui, à mettre fin à une série d’initiatives non encadrées, souvent source de désordre, d’abus et de confusion.
Dans la foulée, le bourgmestre Bokendi a instruit les chefs de quartiers, blocs et avenues de ne plus tolérer ni reconnaître des identifications, enquêtes ou délivrances d’attestations émanant d’acteurs non accrédités par l’administration communale. Une décision qui vise à préserver l’intégrité du processus de gestion des déplacés et à rétablir l’ordre dans la coordination des interventions humanitaires.
S’adressant directement aux déplacés du site de Kongakonga, le bourgmestre a annoncé une mesure forte : le remplacement du coordonnateur actuel du site, qu’il accuse d’avoir facilité des pratiques frauduleuses, notamment l’identification de faux déplacés, au détriment des véritables victimes du conflit.
Cette annonce, loin de susciter des remous, a plutôt été accueillie avec enthousiasme par les déplacés. Ces derniers, visiblement soulagés, ont manifesté leur joie et leur soutien au leadership du bourgmestre, saluant une décision qui, selon eux, ouvre la voie à une meilleure transparence et à une gestion plus équitable de leur situation.
À travers cette sortie musclée, M. Jupson Bokendi entend manifestement reprendre le contrôle administratif total sur un dossier aussi sensible que celui des déplacés, tout en renvoyant un signal fort aux structures non gouvernementales et autres partenaires humanitaires : la commune demeure le seul interlocuteur légitime.
Il reste désormais à voir comment cette volonté d’ordre s’articulera dans les semaines à venir, alors que les enjeux humanitaires et les tensions communautaires continuent de peser sur la stabilité sociale de Kisangani.
