Comment faire revenir la paix entre les filles et fils du Bas-Uélé ? C’est autour de cette question centrale que s’est tenue, ce samedi 9 août, une rencontre entre les membres du Mouvement de Libération du Congo (MLC) – Fédération Bas-Uélé II – et le Collectif des Églises et Confessions religieuses, dans l’enceinte de la paroisse 14e CBCN (Communauté Baptiste au Congo Nord), à Buta Gare.
Trois thèmes majeurs ont rythmé les échanges :
- le manque de cohésion sociale,
- la gouvernance locale,
- l’usage des réseaux sociaux comme vecteur de division, d’attaques et d’injures.
Conduite par le président fédéral Bas-Uélé II, le chef de travaux Christophe Kondanga Lemonde, la délégation du MLC a exprimé son inquiétude quant à la détérioration du climat social dans la province. « La violation de la dignité humaine est à la base des conflits qui maintiennent le Bas-Uélé à genoux », a-t-il déclaré devant les leaders religieux, soulignant l’urgence d’un sursaut collectif.
Sur le plan institutionnel, le MLC a rappelé que la nouvelle configuration politico-administrative – marquée par la proximité des organes exécutifs et délibérants – offrait des opportunités inédites pour impulser le développement. « Avec ces atouts, le Bas-Uélé ne devrait plus se plaindre de son progrès », a estimé Christophe Kondanga.
A travers les Écritures saintes, tirées notamment de Jérémie 29:7, Matthieu 6:9 et Actes 6:1-7, les hommes de Dieu ont circonscrit leur constat par rapport au climat politique actuel du Bas-Uélé.
Le MLC a salué la démarche, tout en soulignant qu’il serait avantageux d’identifier clairement les conflits, leurs protagonistes ainsi que les tireurs de ficelles, afin d’en assurer une meilleure gestion.
Le MLC a également recommandé la constitution d’une banque de données regroupant toutes les publications, qu’il s’agisse d’attaques, d’injures, de provocations ou de contenus à caractère cultuel diffusés sur les réseaux sociaux, afin de mettre à nu les différents camps impliqués dans cette sale besogne.
Pour les participants, la priorité reste claire : restaurer la confiance entre les filles et fils de la province. Sans ce préalable, aucun programme de relance sociale ou économique ne pourra prospérer. L’Église, en tant qu’espace de dialogue et de médiation, s’est engagée à accompagner ce processus de réconciliation, au-delà des clivages politiques.
Dans une province où l’histoire récente a été marquée par des divisions et des crises de confiance, l’initiative de cette rencontre apparaît comme un pas important vers un apaisement durable. Mais, comme l’ont reconnu à l’unisson acteurs politiques et religieux, la paix ne sera possible que si chacun renonce à l’instrumentalisation des rancunes et des querelles pour bâtir un avenir commun.
FROK
