Le gouvernement provincial de la Tshopo franchit une nouvelle étape dans la promotion de la bonne gouvernance du secteur extractif. Le ministre provincial des Mines, Élie Atshoyo Abaya, a procédé, ce vendredi 29 mai 2026 au Restaurant Jucron de Kisangani, au lancement officiel du projet de gouvernance participative et de contrôle citoyen des exploitations minières dans les territoires de Banalia et de Bafwasende.
Mis en œuvre par le consortium CARITAS/KIS (CDKIS) et l’ONG OCÉAN (Organisation Congolaise des Écologistes et Amis de la Nature) avec l’appui financier de l’Union européenne, ce projet ambitionne de renforcer la transparence, la bonne gouvernance et le contrôle démocratique des activités minières dans la province de la Tshopo.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre provincial des Mines a dressé un constat sans complaisance du paradoxe qui caractérise la province : une abondance de ressources minières contrastant avec des conditions de vie encore précaires pour de nombreuses communautés riveraines des sites d’exploitation.
Élie Atshoyo Abaya a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la vision du gouverneur de province, Paulin Lendongolia Lebabonga, matérialisée à travers le programme « Tshopo Mosala », dont l’objectif est de faire du secteur minier un véritable levier de développement socio-économique.
Le choix des territoires de Banalia et de Bafwasende n’est pas fortuit. Ces deux entités figurent parmi les principaux bassins de production minière de la province, mais demeurent confrontées à plusieurs défis, notamment en matière de traçabilité des minerais, de protection de l’environnement et de redistribution équitable des retombées économiques au profit des populations locales.
Le ministre a ainsi exhorté les services publics à faire preuve de rigueur et d’intégrité dans l’exercice de leurs missions, les exploitants miniers à assumer pleinement leurs responsabilités sociétales et environnementales, ainsi que les organisations de la société civile à exercer un contrôle citoyen responsable et constructif. Réaffirmant l’engagement du gouvernement provincial en faveur d’une gestion transparente, participative et inclusive des ressources minières, il a déclaré officiellement lancé le projet.
Auparavant, le coordonnateur de l’ONG OCÉAN, Florent Kay, intervenant au nom du consortium porteur du projet, avait souhaité la bienvenue aux participants avant de céder la parole à Monsieur Lokeloke pour la présentation technique de l’initiative.
Ce dernier a expliqué que le projet est l’aboutissement d’un processus de consultation engagé à Kisangani en octobre 2025 par un consortium composé du Centre Carter, du GREFDL et du CENADP. Plusieurs ateliers avaient alors permis d’identifier les parties prenantes et de renforcer les mécanismes de contrôle citoyen dans le secteur extractif.
À l’issue de ce processus, un appel à manifestation d’intérêt avait été lancé en direction des organisations de la société civile de six provinces minières de la République démocratique du Congo. Dans la Tshopo, les organisations CDKIS et OCÉAN ont été sélectionnées et invitées à constituer un consortium, avec la CDKIS comme structure chef de file. Un atelier de fusion des propositions organisé en mars 2026 a conduit à l’élaboration du projet définitif.
Selon les explications fournies, l’initiative repose sur trois piliers essentiels : le renforcement des capacités des acteurs locaux, la mise en œuvre du contrôle citoyen des activités minières et la création de cadres permanents de dialogue entre les communautés, les entreprises minières et les autorités publiques.
L’objectif global poursuivi est de promouvoir une gouvernance participative et un contrôle citoyen efficace des exploitations aurifères dans les territoires ciblés. Plus spécifiquement, le projet vise à renforcer les compétences des organisations de la société civile, documenter les impacts socio-économiques de l’exploitation minière, favoriser le dialogue entre les différentes parties prenantes, assurer le suivi des recommandations formulées et améliorer la communication ainsi que la transparence dans la gestion des revenus issus des ressources minières.
Par cette initiative, les partenaires entendent contribuer à une exploitation plus responsable et plus bénéfique des richesses minières de la Tshopo, en plaçant les communautés locales au cœur des mécanismes de gouvernance et de redevabilité du secteur extractif.
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