Haut-Uele : des semences certifiées distribuées aux riziculteurs de Nzopi

Redaction
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À Nzopi, dans le territoire de Faradje, la riziculture amorce un tournant décisif. L’Association des Riziculteurs du Congo (ARCO) y a lancé une opération de distribution de semences certifiées, en droite ligne de la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, résumée par le mot d’ordre « la revanche du sol sur le sous-sol ». Une orientation stratégique qui place l’agriculture au cœur de la lutte contre l’insécurité alimentaire.


Mais ici, l’innovation ne se limite pas à la fourniture d’intrants. Elle repose d’abord sur la connaissance fine du sol. Avant toute distribution, des échantillons ont été prélevés dans les champs des agriculteurs, puis analysés en laboratoire. Seuls les producteurs dont les terres présentent des aptitudes avérées à la riziculture ont été retenus. Une démarche qui traduit une évolution vers une agriculture de précision, encore rare dans les zones rurales congolaises, mais essentielle pour améliorer les rendements et sécuriser les récoltes.
À l’origine de cette approche, le professeur Jean-Robert Nzanza Bombiti, dont l’expertise en agriculture intelligente a permis d’adapter les techniques culturales aux réalités pédologiques locales. L’initiative bénéficie d’un appui politique notable, avec l’implication des députés nationaux Crispin Atama Tabe Mogodi et Roger Abotome Bekabisiya, ainsi que des autorités coutumières, notamment le chef Obote.


Sur le plan technique, l’usage de semences certifiées constitue un levier majeur. En riziculture, la qualité variétale conditionne directement la productivité, la résistance aux maladies et l’adaptation aux conditions hydriques. Couplée à une sélection rigoureuse des sols, cette stratégie pourrait permettre d’atteindre des rendements nettement supérieurs à la moyenne locale, souvent limitée par des pratiques traditionnelles et l’absence d’encadrement technique.
Pour l’ingénieur Pasiko Kumu, chargé de projet communautaire de l’ARCO, l’enjeu dépasse largement Nzopi. « L’objectif est d’étendre ce modèle à toute la province du Haut-Uele, avant de l’élargir au Bas-Uele, à l’Ituri et à la Tshopo », a-t-il indiqué. À terme, ce programme pourrait s’inscrire dans une dynamique régionale couvrant l’ensemble de l’ex-Grande Orientale.
Au-delà de l’aspect technique, le message est aussi économique et social. « Le développement ne repose pas uniquement sur les minerais. L’agriculture peut, elle aussi, transformer durablement nos milieux », insiste-t-il. Dans une région où les potentialités agricoles restent sous-exploitées, la riziculture apparaît comme une filière stratégique, capable de générer des revenus, de stabiliser les communautés rurales et de réduire la dépendance aux importations alimentaires.
En conclusion, l’ingénieur Pasiko Kumu a lancé un appel à l’adhésion massive à l’ARCO, invitant agriculteurs, encadreurs et partenaires à unir leurs efforts. Car au-delà des semences distribuées, c’est une véritable révolution agricole qui se dessine à Nzopi : celle d’une riziculture modernisée, structurée et tournée vers la performance.