Table ronde de Kisangani : des recommandations fortes pour préserver les forêts de la Tshopo

Redaction
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Kisangani, 3 octobre 2025Les rideaux sont tombés ce jeudi sur la 11ᵉ édition de la table ronde multi-acteurs provinciale consacrée à la foresterie communautaire. Trois jours durant, du 30 septembre au 2 octobre, experts, autorités, partenaires techniques et financiers ainsi que représentants des communautés locales se sont retrouvés dans la salle de la Fourchette boyomaise pour débattre des enjeux liés à l’avenir des forêts communautaires en province de la Tshopo.

C’est le vice-gouverneur Didier Lomoyo Iteku, assurant l’intérim du gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, qui a clos les assises, réaffirmant l’engagement du gouvernement provincial à accompagner ce processus jugé stratégique pour la préservation des écosystèmes et l’amélioration des conditions de vie des communautés forestières.

Des recommandations fortes et inclusives

À l’issue des travaux, plusieurs recommandations ont été formulées :

  • À l’exécutif provincial, il est demandé d’intégrer la foresterie communautaire dans le budget public afin de soutenir la phase de gestion et d’exploitation, ainsi que d’exonérer certains produits issus des concessions forestières communautaires pour stimuler le développement local.
  • À l’administration centrale de la forêt, les participants suggèrent une révision du texte créant le couloir vert Kivu–Kinshasa, afin de mieux prendre en compte les droits des communautés locales.
  • Aux services provinciaux et locaux de la forêt, la table ronde recommande de respecter les délais de traitement des dossiers d’attribution des concessions, d’affecter des agents qualifiés jusque dans les secteurs et chefferies, de renforcer les capacités du personnel et d’assurer un partage d’informations efficace pour alimenter la base de données nationale.
  • Aux communautés locales et peuples autochtones, il est rappelé la nécessité d’adhérer pleinement au processus, de bannir toute discrimination, et surtout d’impliquer femmes, jeunes et pygmées dans la gestion durable des forêts.
  • Aux partenaires techniques et financiers, un appel est lancé pour mobiliser davantage de fonds, soutenir l’élaboration et la mise en œuvre des plans simples de gestion et appuyer le développement socioéconomique des concessions.
  • Aux organisations de la société civile, les participants recommandent de poursuivre les actions de sensibilisation et de plaidoyer, de traduire et vulgariser les outils liés à la foresterie communautaire, d’accompagner les communautés dans le respect des textes légaux et d’intensifier la collaboration multi-acteurs afin d’éviter conflits d’intérêts et rivalités.

Bilan et enjeux

Cette 11ᵉ édition a permis de dresser un état des lieux de la foresterie communautaire en RDC et particulièrement dans la grande Orientale, dont la Tshopo. Les discussions ont porté sur :

  • les procédures d’attribution, gestion et exploitation des concessions forestières ;
  • le rôle des différents acteurs provinciaux et locaux ;
  • l’intégration du Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) ;
  • l’inclusion des groupes vulnérables (femmes, jeunes, peuples autochtones) ;
  • la prévention des conflits liés à la gestion forestière ;
  • et les perspectives autour des paiements pour services environnementaux, notamment les marchés carbone.

Les participants venus du Bas-Uele, du Nord-Kivu, de Kinshasa et de la Tshopo ont salué la dynamique collaborative instaurée au cours de ces assises. Tous se sont engagés à promouvoir une foresterie inclusive, transparente et économiquement viable, au service du bien-être des communautés et de la préservation des forêts congolaises.

Une organisation multi-acteurs

Placée sous le haut patronage du gouverneur de province, cette table ronde a été organisée par le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, avec la facilitation de la CAGDFT, de Tropenbos RDC et du RRN, et grâce à l’appui technique et financier de la Tenure Facility (TF), de la RFUK et de la RFN.

La foresterie communautaire apparaît ainsi plus que jamais comme un levier majeur pour concilier conservation des écosystèmes, gouvernance participative et développement local en RDC.

FROK