​Dr Bomane Diallo salue la mémoire de Likulia Bolongo : « Sa mémoire est notre fierté »

Redaction
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C’est un vendredi de recueillement et de mémoire pour la République Démocratique du Congo. S’il est conduit aujourd’hui à sa dernière demeure à Paris, la capitale française où il s’est éteint le 25 juin dernier, le général d’armée Norbert Likulia Bolongo est omniprésent dans les cœurs de ses compatriotes. De Kinshasa la bouillonnante à Kisangani la martyre, jusqu’aux terres vertes de Basoko, son territoire d’origine, la nation vibre à l’unisson des messes et des moments de commémoration.

​L’ancien Premier ministre ne laisse pas seulement derrière lui le vide d’un grand homme d’État ; il laisse le souvenir d’une trajectoire unique, d’une rareté absolue dans l’histoire de notre pays.

​Un pont entre la science, les armes et la cité

​Peu d’hommes ont su, comme lui, marier les exigences de la discipline militaire, la rigueur de la recherche scientifique et la complexité de la gestion publique. À Paris, avant l’inhumation, la messe de suffrage a rassemblé des officiels, des proches et des figures de sa communauté d’origine. Parmi eux, le Docteur BOMANE Diallo, médecin spécialiste en radiologie cardiaque et interventionnelle vasculaire. Originaire de Basoko, ce dernier s’est fait le porte-voix d’une communauté orpheline à travers une tribune poignante parvenue à notre rédaction via depechesdelatshopo.com.

​« Le pays perd en ce jour non seulement un grand esprit, mais aussi l’un de ses plus ardents serviteurs », écrit le Dr Bomane Diallo. « Son parcours aura marqué l’histoire de notre nation à la croisée de trois mondes : la science, la politique et le progrès social. »

 

​Pour le praticien, le Professeur Likulia fut d’abord un « phare scientifique ». Un homme dont les travaux d’avant-garde et la rigueur intellectuelle ont honoré la RDC sur la scène internationale, tout en s’efforçant de traduire le savoir en solutions concrètes pour le bien commun.

​La politique au service de l’humain

​Le parcours de Norbert Likulia Bolongo rappelle qu’un grand intellectuel ne saurait rester confiné dans sa tour d’ivoire. Devenu Premier ministre dans les heures tumultueuses de la transition des années 90, il a abordé l’arène politique avec une boussole morale exigeante.

​La tribune du Dr Bomane Diallo rappelle cette droiture qui a caractérisé l’homme d’État :

​« Convaincu que le savoir doit servir l’humain, il s’est engagé dans l’arène politique avec une intégrité rare. Ses réformes et ses combats sociaux resteront gravés comme des avancées majeures pour l’égalité, la justice et l’accès de tous à une vie d’une plus grande dignité. »

 

​L’enfant de Basoko : la fierté des racines

​Mais au-delà des lambris dorés du pouvoir et des titres académiques, c’est l’homme ancré dans son terroir que pleure aujourd’hui la Grande Orientale. Likulia Bolongo n’a jamais oublié le fleuve qui l’a vu grandir, ni les aspirations de son peuple. À Basoko, l’émotion est vive. Il était ce fils illustre qui ouvrait les portes autrefois closes, devenant un modèle de réussite pour des générations de jeunes Congolais.

​« Il a su accomplir ce que peu d’humains réussissent : allier la puissance de l’esprit à la bonté du cœur », insiste le Dr Bomane Diallo dans son vibrant témoignage.

​Le général s’en va, la dépouille reste en terre française, mais l’esprit du Professeur demeure sur les rives du Congo. L’histoire retiendra qu’il a mené le bon combat : celui de l’instruction, de la protection de son peuple et de l’élévation de sa nation.

​Comme le conclut si justement cette tribune en forme d’oraison : « Les grands esprits ne meurent jamais tout à fait, ils continuent de vivre à travers ceux qu’ils ont inspirés. » Que le Général-Professeur repose en paix. Sa mémoire est désormais notre fierté.