Yangambi, 28 septembre 2025 – Le Centre de recherche de l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA) de Yangambi a été la cible, dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 septembre, d’un nouveau cambriolage armé. Des individus lourdement armés ont forcé les bureaux et emporté le coffre-fort de l’institution, après avoir neutralisé le policier affecté à la garde du site.
L’information a été confirmée à depechesdelatshopo.com par le professeur Dieumerci Asumani Angbonda, directeur du Centre de recherche, qui déplore cette attaque survenue à peine trois mois après un incident similaire à la base vie d’un autre partenaire, où un coffre-fort avait également été soustrait.
Un site scientifique menacé
Selon le Pr Asumani, « les malfrats ont brisé les portes, maîtrisé l’agent de police après un échange nourri de coups de feu, et réussi à s’enfuir avec le coffre-fort ». Pour lui, cette répétition d’actes criminels traduit une vulnérabilité inquiétante d’un site à haute valeur scientifique, reconnu au niveau local, national et international.
Le centre de Yangambi, connu pour ses travaux sur la biodiversité et l’agronomie, subit depuis des années la convoitise de réseaux criminels. Après les vols récurrents de câbles électriques – revendus pour le cuivre, le plomb ou utilisés dans la fabrication artisanale d’armes appelées localement Yakoma – c’est désormais la sécurité administrative et financière de l’institution qui est visée.
Des tensions avec des fabricants d’armes
La situation sécuritaire s’est aggravée depuis la décision du Conseil du centre de recherche, appuyée par le comité local de sécurité, de retirer les câbles électriques restants, afin de couper court aux exploitations illégales pratiquées depuis plus de vingt ans. Une décision mal accueillie par certains groupes impliqués dans la fabrication clandestine d’armes artisanales, qui semblent désormais multiplier les représailles.
Un appel pressant aux autorités
Face à cette série noire, le Pr Asumani tire la sonnette d’alarme :
« Nous lançons un cri d’alerte aux autorités civiles, politiques et militaires afin que des mesures concrètes soient prises pour sécuriser le site de Yangambi. Nous sollicitons particulièrement le soutien de son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Tshopo, car ces menaces récurrentes risquent de décourager nos partenaires et de compromettre les efforts du Gouvernement pour relancer ce grand centre scientifique. »
Un rapport circonstancié devrait être transmis dans les prochains jours aux autorités compétentes. Mais déjà, ce nouvel acte criminel relance le débat sur la sécurité des sites stratégiques et scientifiques en province de la Tshopo, où l’insécurité gagne progressivement du terrain.
Yangambii est une cité située à environ 100 kilomètres de la ville de Kisangani en aval du fleuve Congo.
FROK
