Tshopo : le projet COLOURS lancé pour renforcer la conservation communautaire de la biodiversité

Redaction
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Kisangani — La province de la Tshopo vient de franchir une nouvelle étape dans la promotion d’une conservation inclusive de la biodiversité. Le projet COLOURS, acronyme de Communities, Local Outcomes and Regional Sciences, consacré au dialogue multi-acteurs et au plaidoyer en faveur des Aires et Territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire (APAC), a été officiellement lancé dans la province.

La cérémonie a été présidée par la ministre provinciale de l’Environnement et Développement durable, Bijou Koy Taka, agissant au nom du gouverneur de province, Paulin Lendongolia Lebabonga. Le lancement est intervenu au cours d’un atelier d’une journée organisé par l’Alliance Nationale d’Appui et de Promotion des Aires du Patrimoine Autochtone et Communautaire en RDC (ANAPAC-RDC), avec l’appui de son partenaire, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Au cœur de cette initiative : faire davantage participer les peuples autochtones et les communautés locales à la gestion, à la conservation et à la gouvernance des ressources naturelles.

Selon Bitchick Bi Bitchick Augustin Corin, chargé de programme et de la mise en œuvre du projet COLOURS, l’initiative entend contribuer à la gestion durable et à la restauration des écosystèmes, notamment à travers la valorisation, la protection et la conservation de la biodiversité.

Le projet accorde une place particulière à l’approche inclusive de la conservation. Celle-ci repose sur l’implication des peuples autochtones et des communautés vivant autour des espaces conservés et protégés, considérés comme des acteurs essentiels de la gouvernance de la biodiversité.

« Il s’agit notamment d’évaluer la gouvernance de la biodiversité en prenant en compte les espaces gérés et conservés par les communautés locales », a expliqué Bitchick Bi Bitchick Augustin.

L’un des axes annoncés consiste également à procéder à une cartographie des Aires et Territoires du Patrimoine Autochtone et Communautaire, afin de capitaliser les informations disponibles et de contribuer aux efforts liés à la cible 3 du Cadre mondial de la biodiversité.

Pour le responsable du projet, l’intervention de l’UICN ne vise pas à imposer des modèles de conservation aux communautés. Il s’agit plutôt de les accompagner dans leur participation aux processus de décision concernant la gestion durable de la biodiversité.

Cette démarche doit également favoriser le renforcement de la gouvernance communautaire, notamment à travers la reconnaissance des droits, des savoirs, des pratiques et des coutumes traditionnelles qui contribuent à la protection des écosystèmes.

Dans cette perspective, les communautés locales, parfois marginalisées dans les mécanismes classiques de conservation, devraient bénéficier d’un espace accru pour participer aux décisions concernant la protection de leur environnement et la gestion durable des ressources naturelles.

Prenant la parole à l’occasion du lancement officiel, la ministre provinciale de l’Environnement et Développement durable, Bijou Koy Taka, a réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial de la Tshopo à accompagner la mise en œuvre du projet COLOURS.

La ministre a notamment promis que son ministère veillera au suivi des recommandations et de la feuille de route qui découleront de l’atelier, afin que celles-ci ne restent pas lettre morte.

Elle a, par ailleurs, lancé un appel aux différents acteurs impliqués, aux partenaires ainsi qu’aux services techniques compétents à soutenir le dynamisme des APAC.

Pour Bijou Koy Taka, l’enjeu dépasse le cadre d’un simple projet environnemental : « c’est l’avenir de la Tshopo qui se joue », a-t-elle souligné, tout en saluant le choix porté sur la Tshopo comme province pilote de cette initiative qu’elle considère comme porteuse d’espoir.

La ministre a enfin rassuré de la disponibilité du gouvernement provincial à soutenir le projet COLOURS et à accompagner les différentes parties prenantes dans la promotion d’une conservation davantage fondée sur la participation des communautés.

À travers ce projet, la Tshopo entend ainsi faire de la conservation communautaire un levier de protection de la biodiversité, mais aussi de reconnaissance des droits et du rôle des populations qui vivent au quotidien au contact des écosystèmes.

VTL.